À Franceville, l’affaire Paul Jean Wavé Nzembi continue de faire réagir. Cet agent de la mairie centrale, âgé de 42 ans, a été condamné à 12 mois de prison ferme pour vol aggravé. Pris en flagrant délit par des commerçantes du grand marché, il a reconnu avoir dérobé des sacs de sardine fumée, des vêtements et des chaussures. Un fait divers qui dépasse le simple cadre judiciaire, soulevant des interrogations profondes sur la précarité sociale et la vulnérabilité économique de certains agents publics.
Depuis plusieurs semaines, les commerçantes du grand marché de Franceville constataient des disparitions répétées de marchandises. Excédées, elles ont monté une surveillance discrète. Le matin du piège, aux alentours de 4 heures, elles ont surpris Paul Jean Wavé Nzembi en train de subtiliser leurs biens. Neutralisé sur-le-champ, il a été conduit au commissariat central, où une plainte a été immédiatement déposée.
Placée sous mandat de dépôt, l’affaire a été jugée en audience correctionnelle ordinaire. À la barre, l’agent municipal a reconnu sans détour les faits. « J’ai dérobé les sacs de sardine pour manger avec ma petite famille. Quant aux vêtements, je les ai partagés à mes neveux », a-t-il avoué devant le tribunal.
Considérant la gravité des faits, le ministère public avait requis 12 mois de prison ferme assortis d’une amende de 100 000 francs CFA. Le tribunal est allé plus loin en condamnant Nzembi à 12 mois d’incarcération ferme et à verser chaque mois 150 000 francs CFA en réparation.
Si les commerçantes se disent soulagées et dénoncent une insécurité croissante dans les marchés, le cas de Nzembi suscite aussi un malaise. Derrière le vol se profile la détresse d’un père de famille, fonctionnaire municipal, qui a justifié son geste par l’incapacité à nourrir les siens.
Cette condamnation met en lumière un paradoxe : alors que l’acte reste pénalement répréhensible, il révèle également les conditions de vie précaires auxquelles certains agents publics sont confrontés, parfois contraints à des choix désespérés.
Au-delà de la sanction, ce fait divers illustre les fractures sociales persistantes dans les villes du pays. À Franceville comme ailleurs, il rappelle que la délinquance n’est pas toujours motivée par l’appât du gain, mais parfois par la survie. Entre rigueur judiciaire et compassion sociale, l’affaire Nzembi questionne la capacité des institutions à répondre aux besoins essentiels des citoyens les plus vulnérables.