Une opération conjointe menée par la Direction des investigations et l’antenne Anti-criminalité de la Direction générale des recherches (DGR) a conduit à l’interpellation de Junior Xavier Ndong Ndong et de Juste Olivier Atsame Ella, tous deux tradipraticiens, soupçonnés d’avoir tenu des propos contraires aux lois en vigueur.
Les deux hommes ont été interpellés à la suite de déclarations publiques jugées sensibles : l’un lors d’une conférence de presse, l’autre au cours d’un débat télévisé. Après avoir été auditionnés par les services d’enquête, ils ont été conduits, ce 05 janvier 2026, au Tribunal de Libreville pour être présentés devant le procureur de la République.
Cette procédure judiciaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux discours publics susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale et de troubler l’ordre social.
Lors de sa prise de parole devant la presse, Junior Xavier Ndong Ndong avait tenu des propos à caractère communautaire, affirmant notamment que « l’armée, le Trésor, la Garde républicaine et la Douane sont accaparés par l’ethnie Téké ». Des déclarations que les enquêteurs estiment susceptibles de constituer des infractions pénales.
De son côté, Juste Olivier Atsame Ella s’est illustré lors d’un débat télévisé par des propos jugés particulièrement graves sur les crimes de sang, communément appelés crimes rituels. « Le crime rituel n’est pas mauvais, il se tient dans la vérité des lois spirituelles », avait-il déclaré, ajoutant : « si les gens souffrent, c’est leur problème ». Des propos qualifiés d’intolérables par les autorités judiciaires.
Selon les enquêteurs de la DGR, les faits reprochés aux deux tradipraticiens relèvent principalement de la diffusion de fausses nouvelles, de l’atteinte à l’honneur et de menaces de mort. Ces qualifications pénales restent toutefois susceptibles d’être confirmées, requalifiées ou écartées par le procureur de la République à l’issue de l’examen du dossier.
Au cours de leurs auditions, puis face à la presse, les deux prévenus ont reconnu des écarts de langage et exprimé des regrets. Junior Xavier Ndong Ndong a déclaré : « J’ai tenu des propos qui ont pu heurter et choquer les Gabonais, je fais donc amende honorable ». Un mea culpa partagé par Juste Olivier Atsame Ella, qui a affirmé : « Je demande pardon à la République toute entière et à toutes les personnes que j’ai pu choquer », expliquant avoir été « emporté par l’euphorie du débat ».
Au-delà de ces deux cas individuels, cette affaire s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de rappeler les limites de la liberté d’expression, lorsque celle-ci met en péril le vivre-ensemble et la stabilité nationale. Les discours à caractère communautaire ou banalisant des violences extrêmes font désormais l’objet d’un suivi particulièrement attentif.
En déférant ces deux tradipraticiens devant la justice, l’État entend adresser un message de fermeté et de prévention. Le sort de Junior Xavier Ndong Ndong et de Juste Olivier Atsame Ella est désormais entre les mains de la justice, seule habilitée à dire le droit et à apprécier la portée pénale de leurs déclarations.



