À l’occasion de la célébration du huitième anniversaire de l’Union Socialiste Progressiste (USP), son premier secrétaire, Henri Mbira Nze, a livré un discours solennel et engagé, mêlant recueillement, analyse politique sans concession et projection vers l’avenir. Une prise de parole qui a résonné comme un appel à la responsabilité collective face aux défis majeurs du Gabon.
La cérémonie s’est ouverte par une minute de silence en mémoire des responsables politiques disparus en 2025, ainsi que de toutes les victimes des crimes rituels qui continuent de choquer l’opinion publique. Une mention particulière a été faite au jeune Camron, qualifié de victime d’un assassinat « lâche et vulgaire », symbole d’une violence qui interpelle la conscience nationale.
Dans ce climat de recueillement, Henri Mbira Nze a adressé ses vœux de santé, de paix, de prospérité et de longévité aux militants et sympathisants de l’USP, appelés à poursuivre le combat politique avec détermination et responsabilité.

Le leader de l’USP a ensuite dressé un bilan sévère de la trajectoire du Gabon depuis l’indépendance. Selon lui, les espoirs nourris par les populations de voir émerger une société plus juste et plus prospère ont été entravés par des contraintes structurelles, politiques et institutionnelles persistantes. Il a notamment alerté sur la fragilisation progressive de la paix sociale, longtemps considérée comme l’un des piliers de la stabilité nationale.
Revenant sur la gouvernance nationale, Henri Mbira Nze a insisté sur la nécessité d’assumer les responsabilités politiques. Pour l’USP, aucun avenir crédible ne peut être envisagé sans un examen lucide des échecs passés. Depuis la Conférence nationale de 1990, a-t-il rappelé, l’ouverture démocratique s’est accompagnée d’une dégradation du fonctionnement de l’État : affaiblissement de l’administration, perte de repères institutionnels, discrédit de la classe politique et confusion au sein des forces syndicales et associatives.
Sur le plan institutionnel, le premier secrétaire de l’USP a pointé la crise de la justice et les défaillances répétées du système électoral comme des facteurs majeurs du blocage démocratique. Les contestations récurrentes des résultats électoraux ont nourri la défiance populaire et favorisé une abstention massive, compromettant la crédibilité des scrutins et affaiblissant la légitimité des institutions républicaines.

Le discours a également mis en lumière la dégradation continue des conditions de vie des Gabonais, dans un contexte économique marqué par une forte dépendance aux cycles conjoncturels. Tandis qu’une majorité de la population s’enfonce dans la précarité, une minorité affiche une opulence jugée indécente. Henri Mbira Nze s’est interrogé sur l’enrichissement rapide de certains hauts responsables publics, qu’il a relié à l’explosion de la dette publique, passée de 1 378 milliards de FCFA en 2009 à près de 7 000 milliards aujourd’hui.
Selon le responsable de l’USP, la dilapidation du patrimoine national, la perte de croissance et la généralisation de la pauvreté ont favorisé la montée de l’incivisme, de la criminalité et des violences. Ces dérives ont fragilisé la cellule familiale et les institutions sociales, portant gravement atteinte à la dignité humaine.
En conclusion, Henri Mbira Nze a estimé que la période exceptionnelle que traverse le Gabon doit être transformée en une véritable opportunité historique. Il a appelé à une refondation profonde de l’État, à la restauration de la justice, au renforcement de la démocratie et à la reconstruction de la confiance entre les gouvernants et le peuple.
À travers ce discours à la fois critique et mobilisateur, l’Union Socialiste Progressiste affirme sa volonté de s’imposer comme un acteur majeur du débat politique national, déterminé à peser dans la construction d’un Gabon plus juste, plus démocratique et résolument tourné vers l’avenir.



