À l’heure où l’État affirme avoir réuni toutes les conditions pour une sortie de crise, certains leaders syndicaux persistent dans une stratégie de blocage. Une posture qui fait peser un risque majeur sur l’avenir scolaire de milliers d’enfants gabonais.
Le conflit social dans le secteur de l’Éducation nationale a franchi un seuil critique. Alors que le Gouvernement assure que les ressources financières sont disponibles et que le protocole d’accord est finalisé, l’école reste fermée. Non par manque de moyens, mais par refus d’un mécanisme de transparence pourtant standard dans toute gestion publique moderne.
Toutes les revendications syndicales ont été intégrées dans un Protocole d’Accord Consolidé, signé par l’ensemble des parties, y compris les syndicats les plus radicaux. Sur le papier, le conflit est réglé. Dans les faits, il bute sur une seule disposition : l’Article 6.
Cet article impose un audit du fichier matricule avant tout paiement, afin de garantir que les fonds publics bénéficient exclusivement aux ayants droit. Une exigence que l’État considère comme non négociable. Une exigence que certains syndicats jugent, au contraire, inacceptable.
En refusant l’audit, les syndicats ferment volontairement la seule porte de sortie crédible à la crise. Une attitude qui pose question : comment justifier l’exigence de 16 milliards de FCFA d’argent public tout en refusant tout contrôle ?
Pour de nombreux observateurs, ce refus ne relève plus de la défense des enseignants, mais d’une stratégie de protection d’intérêts obscurs. « On ne peut pas exiger des milliards et refuser qu’on vérifie les bénéficiaires. La question est simple : qui protège-t-on ? », s’interrogent éditorialistes et analystes sur les plateaux radio et télévisés.
Pendant que les négociations s’enlisent, ce sont les élèves qui paient le prix fort. Le spectre d’une année blanche plane sur le pays. Un scénario catastrophe pour les familles, déjà éprouvées, et pour un système éducatif en quête de stabilité.
Le Gouvernement, de son côté, tente d’imposer un narratif clair : ce n’est pas un problème d’argent, mais de gouvernance syndicale. Les fonds sont là, les décisions sont prises, le calendrier est prêt. Le blocage persiste uniquement en raison du refus de la transparence.
En dernière analyse, la crise actuelle dépasse le cadre salarial. Elle pose une question fondamentale : peut-on sacrifier l’avenir scolaire de toute une génération pour éviter un audit administratif ?
L’État se dit prêt à payer. Si l’école reste fermée, la responsabilité, selon lui, incombe à ceux qui refusent toute vérification. Une réalité que parents d’élèves et opinion publique commencent à intégrer.
Car au-delà des discours, une évidence s’impose : on ne sauve pas l’école gabonaise en bloquant sa réouverture.



