Gabon : Oligui Nguema face à l’héritage d’un contexte difficile, le temps des réformes plutôt que celui des procès hâtifs

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Arrivé à la tête de l’État dans un contexte économique et institutionnel particulièrement contraint, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a hérité d’un pays fragilisé par des déséquilibres structurels profonds. Si certains Gabonais, parfois sur un ton ironique, expriment leur impatience face au rythme des changements, l’exécutif, lui, semble avoir choisi une autre voie : celle des réformes de fond, souvent moins spectaculaires, mais déterminantes à long terme.

Conscient de l’urgence, le gouvernement a engagé plusieurs actions majeures. Sur le front de la gestion de la dette, l’État a procédé au remboursement de la dette intérieure et au reprofilage d’environ 1 450 milliards de FCFA, une opération visant à assainir les finances publiques et à redonner des marges de manœuvre budgétaires.

Parallèlement, l’attraction des investissements est devenue une priorité affichée. Le lancement du Plan FAST et l’accélération de la digitalisation de l’administration traduisent la volonté de moderniser l’action publique, de réduire les lourdeurs bureaucratiques et de rassurer les investisseurs nationaux et internationaux.

Sur le plan structurel, le gouvernement a engagé des réformes de diversification économique, avec un accent particulier sur les secteurs du fer, de l’or et de l’agriculture, afin de réduire la dépendance historique du pays aux hydrocarbures et d’élargir les bases de la croissance.

Ces premières actions visent un objectif central : restaurer la crédibilité économique du Gabon et reconstruire la confiance des acteurs privés. Pour les autorités, il s’agit moins de produire des effets immédiats que de poser des fondations solides, capables de soutenir une croissance durable et inclusive.

« La Cinquième République est jeune, mais les habitudes sont anciennes », rappelle Fabrice Doko Youbi, conseiller municipal de la commune de Moanda. Une façon de souligner que les réformes profondes exigent du temps, d’autant plus dans un pays où les attentes sociales sont élevées et les frustrations accumulées.

Dans un État démocratique, les critiques sont normales, voire nécessaires. Mais pour certains observateurs, juger un mandat présidentiel qui n’a même pas encore atteint sa première année d’existence relève davantage de l’impatience que de l’analyse objective. D’autant que le mandat présidentiel au Gabon est fixé à sept ans, et non à sept mois.

Une question revient alors avec insistance : quelles promesses précises, assorties d’une échéance d’un an, auraient été trahies au point de susciter un tel désenchantement, alors même que le Président a été élu à une majorité écrasante de 95 % ?

Un projet de société ne se mesure pas à l’aune de quelques mois, mais sur l’ensemble d’un mandat. L’enjeu, pour le pouvoir en place, sera désormais de transformer ces réformes engagées en résultats tangibles pour les populations, tout en maintenant le cap de la rigueur et de la cohérence.

En conclusion, Fabrice Doko Youbi convoque les mots d’Abraham Lincoln :
« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »

Un rappel qui invite à la patience, mais aussi à la vigilance citoyenne, alors que le Gabon s’engage dans une phase de reconstruction politique, économique et institutionnelle dont les effets se jugeront sur la durée.

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