Addis-Abeba, 15 février 2026
En marge de son séjour en Éthiopie, le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu une rencontre stratégique avec l’ensemble de l’équipe diplomatique gabonaise en poste à Addis-Abeba. Autour de la table, Lilly Stella Ngyema Ndong, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon auprès de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, mais aussi Représentante permanente auprès de l’Union africaine, de la Commission économique pour l’Afrique et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
Derrière le protocole, cette audience revêt une portée politique et institutionnelle bien plus large qu’une simple prise de contact.

Présentée comme franche et directe, la rencontre a permis à la cheffe de mission diplomatique de dresser un état des lieux sans détour : présentation des équipes, attentes du personnel, mais aussi contraintes opérationnelles liées à l’exercice de la diplomatie gabonaise dans un environnement continental et multilatéral en pleine recomposition.
Pour les observateurs, cette séquence marque une volonté claire de reprise en main de l’outil diplomatique, après des années où les représentations à l’étranger ont parfois souffert de sous-financement, de manque de coordination stratégique et d’une faible lisibilité des priorités nationales.

En saluant l’engagement et le professionnalisme des agents, le Chef de l’État a toutefois fixé la barre haut : rigueur, exemplarité et sens du devoir. Un message qui sonne comme un rappel à l’ordre, à l’heure où la visibilité retrouvée du Gabon impose un niveau d’exigence accru à ses représentants.
Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement favorable pour la diplomatie gabonaise, marqué par l’élection récente du Gabon au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine. Une réintégration stratégique qui consacre le retour du pays dans les cercles décisionnels continentaux après une période de mise à l’écart diplomatique.
Pour Libreville, cette évolution n’est pas seulement symbolique. Elle renforce la capacité d’influence du Gabon sur les questions sensibles de prévention des conflits, de médiation, de sécurité collective et de gouvernance politique en Afrique centrale et au-delà.
Dans ce contexte, Addis-Abeba devient un poste clé, voire névralgique, où la qualité du travail diplomatique pèsera directement sur la crédibilité du pays.
Le plaidoyer récurrent du Président en faveur d’une souveraineté diplomatique et économique renforcée trouve ici une traduction concrète. La diplomatie n’est plus perçue uniquement comme un prolongement protocolaire de l’État, mais comme un outil stratégique au service des intérêts nationaux : influence politique, partenariats économiques, positionnement institutionnel.
Cependant, cette montée en gamme s’accompagne d’une exigence de résultats. Être présent dans les instances ne suffit plus ; il faut y peser, proposer, influencer. Pour l’équipe diplomatique gabonaise, le défi est donc double : maintenir une image de sérieux retrouvée tout en démontrant une capacité réelle à défendre les priorités nationales dans des arènes souvent très concurrentielles.
Cette audience apparaît ainsi comme une étape de consolidation dans la reconstruction de la diplomatie gabonaise. Elle traduit une volonté politique assumée : restaurer l’autorité de la parole gabonaise, professionnaliser davantage les représentations et inscrire l’action extérieure du pays dans une logique de cohérence et de performance.
Reste à transformer cette dynamique en gains tangibles pour le Gabon. Car dans un environnement international exigeant, la crédibilité ne se proclame pas : elle se construit, mission après mission, décision après décision.



