Le Gabon ne se contente plus d’être le « poumon » de l’Afrique ; il entend désormais en être le banquier vert. Le 27 mars 2026, Libreville a officialisé le lancement de « Gabon Infini », un mécanisme financier de rupture doté de 200 millions de dollars sur dix ans.
Sous l’impulsion directe du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative marque une volonté claire : transformer la conservation environnementale en un véritable levier de souveraineté économique, loin des logiques d’assistance traditionnelle.
Pour bétonner la crédibilité de ce projet, la présidence gabonaise a scellé des alliances de poids avec le Bezos Earth Fund, The Nature Conservancy et le Fonds pour l’Environnement Mondial. Ce tour de table prestigieux valide la « signature » Gabon sur les marchés internationaux de la biodiversité. En attirant ces géants de la philanthropie et de l’écologie mondiale, Libreville envoie un message fort : le pays demeure une destination sûre et stratégique pour les capitaux soucieux de l’impact climatique global.
Le déploiement opérationnel de « Gabon Infini » se veut chirurgical.
L’objectif est de sanctuariser 3,9 millions d’hectares de forêts et 18 000 kilomètres de cours d’eau, tout en portant les aires protégées à 30 % du territoire d’ici 2030. Mais l’ambition dépasse la simple protection des sanctuaires naturels : il s’agit de structurer une véritable filière d’emplois verts. En intégrant les populations locales au cœur de ce dispositif, le pouvoir gabonais tente de réconcilier impératifs écologiques et justice sociale.
Avec une couverture forestière de près de 89 %, le Gabon reste l’un des rares États au monde à absorber plus de carbone qu’il n’en émet. Ce nouveau partenariat n’est pas une main tendue, mais une transaction stratégique qui monétise un service rendu à l’humanité. En affirmant son rôle de pivot dans la réponse globale au défi environnemental, le Gabon d’Oligui Nguema consolide son influence diplomatique et prépare l’après-pétrole par la valorisation de son or vert.



