Gabon : Le SAMTAC tire la sonnette d’alarme sur le paiement des permis numériques

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Si la digitalisation du permis de conduire est saluée pour sa modernité, elle se heurte aujourd’hui à une fronde syndicale inattendue sur le terrain de la transparence financière. Le Syndicat des Agents du Ministère des Transports, de l’Aviation Civile et de la Marine Marchande (SAMTAC) vient d’exprimer sa vive indignation face au mode de règlement exclusif via les services de mobile money. Pour l’organisation syndicale, l’utilisation de plateformes privées comme Airtel ou Moov Money, au détriment des circuits traditionnels du Trésor Public, soulève des interrogations majeures sur la sécurité des fonds collectés.

 

Le grief principal repose sur l’absence de traçabilité directe. En contournant les caisses de l’État pour le paiement initial, le système prive les usagers de la quittance officielle du Trésor, document qui constitue jusqu’ici la seule preuve irréfutable de l’entrée des fonds dans le patrimoine public. Le SAMTAC redoute que ce dispositif « hors circuit légal » ne devienne un terreau fertile pour des détournements ou une répartition opaque des recettes entre l’État et les opérateurs de téléphonie, mettant ainsi en péril l’argent du contribuable gabonais.

 

Face à ce qu’ils qualifient de risque systémique, les responsables syndicaux interpellent directement le ministre des Transports et le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Leur revendication est claire : une révision immédiate du protocole de paiement pour réintégrer le Trésor Public au cœur du dispositif. Cette sortie se veut, selon le syndicat, une « alerte constructive » visant à protéger l’administration contre les pratiques frauduleuses et non une tentative de sabotage d’un projet par ailleurs jugé techniquement réussi.

 

Le climat social au sein du ministère pourrait toutefois se tendre si le dialogue reste au point mort. Alors que Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, est accusé par le syndicat de fermer la porte à la discussion, le SAMTAC réaffirme sa détermination à lutter pour une gestion rigoureuse des deniers publics. Dans un Gabon en quête de restauration des institutions, cette polémique sur le permis numérique rappelle que la modernisation technologique ne peut faire l’économie d’une orthodoxie financière irréprochable.

 

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