Pour Libreville, l’ambition d’une croissance à deux chiffres n’est pas une simple vue de l’esprit, mais un parcours chronométré en trois phases précises. Entre 2026 et 2027, le Gabon s’attaquera d’abord à ses chantiers les plus urgents : résorber les délestages électriques et déployer les infrastructures de base dans les dix chefs-lieux de province. Cette première étape sous l’impulsion d’Oligui Nguema, Chef de l’État, critique pour la paix sociale, doit jeter les bases d’une croissance initiale de 5 à 6 %, avant que la machine économique ne s’emballe réellement par l’activation massive des leviers numériques et éducatifs dès 2028.
L’originalité de ce Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030 réside dans son ancrage politique inédit. Fort d’un plébiscite populaire de plus de 95 % lors de l’adoption du projet de société, l’exécutif se sent investi d’une légitimité forte pour imposer sa vision de « souveraineté nationale ». Cette appropriation collective, issue de l’Étude Nationale Prospective, permet au pays de reprendre la main sur ses priorités de développement, en orientant les partenariats internationaux vers les intérêts stratégiques gabonais plutôt que de subir des agendas imposés de l’extérieur.
Au cœur du réacteur administratif, la culture de la « gestion par résultats » et de la redevabilité devient la nouvelle règle d’or. Finies les dépenses sans suivi : le PNCD s’appuie sur un système rigoureux de suivi-évaluation garantissant que chaque franc public est utilisé de manière transparente pour atteindre des cibles claires. Cette volonté de transparence, couplée à une promotion de l’innovation et de l’apprentissage continu, vise à moderniser en profondeur l’appareil d’État, en s’appuyant tant sur les savoirs traditionnels que sur les avancées technologiques les plus pointues.
In fine, l’objectif 2030 est clair : faire du Gabon un pays émergent à revenu intermédiaire supérieur. En parvenant à une économie structurellement diversifiée, décarbonée et performante, Libreville espère non seulement stabiliser son économie, mais aussi servir de boussole à toute la sous-région. Si le séquençage opérationnel est respecté et que la rigueur de gestion se maintient, le Gabon pourrait bien démontrer qu’une planification stratégique audacieuse, portée par un soutien populaire massif, est la clé d’une renaissance économique durable sur le continent.



