L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a procédé ce jeudi à la destruction de 13,186 tonnes de produits carnés impropres à la consommation, saisis alors qu’ils étaient en transit vers Libreville. L’opération, menée dans le cadre de ses missions de contrôle, met en lumière les risques persistants liés à la chaîne d’approvisionnement alimentaire au Gabon.
En provenance de Port-Gentil, la marchandise – composée notamment de poulet, de rognons et de gésiers – a été interceptée lors d’un contrôle de routine à un poste d’inspection frontalier. Selon les services vétérinaires, la cargaison présentait des signes clairs de détérioration : rupture de la chaîne du froid, invasion de nuisibles (dont des asticots) et odeur nauséabonde. Autant d’indices attestant de son caractère hautement dangereux pour la consommation humaine.
« Ces produits représentaient une menace sérieuse pour la santé publique », a rappelé un responsable de l’Agasa, soulignant la nécessité de vigilance permanente face aux pratiques frauduleuses de certains opérateurs.
Ce n’est pas la première fois que des cargaisons avariées sont interceptées avant leur mise sur le marché. Entre 2023 et 2024, plusieurs saisies similaires avaient déjà alerté sur les failles de la chaîne logistique et sur la faiblesse des dispositifs de conservation dans le transport de denrées périssables. La récurrence de ces cas interroge sur la capacité de certains opérateurs à respecter les normes de sécurité alimentaire, et sur le rôle des contrôles en amont.
En procédant à la destruction publique de la cargaison, l’Agasa entend réaffirmer son rôle central dans la prévention des risques alimentaires. « Notre mission est de garantir que seuls des produits sains parviennent aux consommateurs gabonais », a insisté l’agence, rappelant que la préservation de la santé passe par un strict respect des normes d’hygiène et de conservation.
Au-delà de l’aspect sanitaire, cette opération révèle un enjeu plus large : celui de la confiance du consommateur dans les produits disponibles sur le marché gabonais. Dans un contexte marqué par la hausse des importations de denrées et la fragilité des circuits de distribution, chaque scandale potentiel met en péril la crédibilité des institutions de contrôle.
La destruction de ces 13 tonnes de viande avariée illustre ainsi la nécessité d’un double effort : d’une part, renforcer la surveillance et la traçabilité des produits, et d’autre part, responsabiliser les acteurs économiques. Car si l’Agasa joue son rôle de “garde-fou”, la durabilité du système dépend aussi de la discipline et de la transparence des importateurs et distributeurs.