Face à la grève générale illimitée des enseignants, qui paralyse le système éducatif gabonais depuis près d’un mois, la Présidence de la République est sortie de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 21 janvier 2026 à Libreville, le Conseiller porte-parole de la Présidence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a lancé un appel pressant à l’apaisement, exhortant les enseignants à faire preuve de responsabilité afin de sauver l’année scolaire 2025-2026.
« Il est impératif, collectivement, de sauver l’année scolaire de nos enfants », a déclaré le porte-parole, tout en rassurant que les revendications jugées légitimes du corps enseignant seront prises en compte de manière progressive par les autorités.
À l’origine de cette grève, la plateforme SOS Éducation, qui regroupe plusieurs enseignants, réclame notamment la régularisation de milliers de situations administratives bloquées depuis des années, le paiement des rappels de solde, ainsi qu’une amélioration durable des conditions de travail et de vie du personnel éducatif.
Selon Théophane Nzame-Nze Biyoghe, le gouvernement, sous la coordination du Chef du Gouvernement, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a déjà posé des actes concrets traduisant sa bonne foi. Il a cité plusieurs engagements dont les effets devraient être perceptibles dès la fin du mois prochain. Parmi eux figurent la mise en solde de 328 enseignants récemment sortis des Écoles normales, la mise en présalaire de 692 sortants des ENIL et ENIF, ainsi que la régularisation de 1 810 anciens enseignants bénévoles.
À ces mesures s’ajoute la régularisation progressive de près de 4 000 situations administratives, incluant des titularisations et des avancements, un chantier présenté comme l’un des plus importants jamais engagés dans le secteur éducatif.
« Dans ce contexte, un appel solennel à l’apaisement et au sens de responsabilité est adressé à l’ensemble de la communauté éducative », a insisté le porte-parole de la Présidence, soulignant la nécessité de privilégier le dialogue et l’intérêt supérieur des élèves.
Sur le terrain, la situation demeure préoccupante. Depuis le début de l’année 2026, aucun cours n’est dispensé dans la quasi-totalité des établissements publics du pré-primaire, du primaire et du secondaire à travers le pays. Les salles de classe restent vides, alimentant l’inquiétude des parents d’élèves.
De leur côté, les enseignants maintiennent la pression. Avant toute reprise des cours, ils exigent l’ouverture de négociations directes et franches avec le Chef de l’État, assorties de la signature d’un protocole d’accord formel garantissant la mise en œuvre effective des engagements annoncés.
À mesure que le bras de fer se prolonge, la sauvegarde de l’année scolaire apparaît désormais comme un enjeu national majeur, plaçant autorités et partenaires sociaux face à leurs responsabilités.



