Clash en escale : quand les guerres artistiques cherchent un visa pour le Gabon

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Le Gabon compte 2,5 millions d’habitants. Pas 25 millions. Pas 250. Deux virgule cinq. Autant dire que tout le monde se connaît, ou presque. Et pourtant, à croire certains épisodes récents, ce petit pays paisible serait devenu la nouvelle annexe diplomatique des conflits artistiques ivoiriens.
Un genre de consulat du clash. Pourquoi pas ?

Car voici venir une tentative subtile presque touchante de délocalisation de querelles musicales. Himra ici, Dementos là, Eboloko convoqué, l’Oiseau Rare pris pour cible. Le tout saupoudré d’une stratégie visiblement éprouvée ailleurs : diviser pour régner. Sauf petit détail : ce logiciel ne s’installe pas au Gabon.

Eboloko chante depuis des années. Des albums, des scènes, du travail. Mais miracle ! C’est précisément au moment où il devient utile dans un clash qu’on se souvient soudain de son existence.
Quelle coïncidence bouleversante.

Hier invisible, aujourd’hui indispensable. Le soutien, version mise à jour opportuniste. Une performance qui mérite presque une récompense artistique… ou un tutoriel.

Oui, les artistes gabonais se clashent. Sur Facebook, sur Instagram, sur X, parfois même avant le petit-déjeuner. Mais ici, le clash est un outil marketing, pas un acte de guerre civile.
On se pique le matin, on se croise le soir.
On fait du bruit pour la promo, pas pour la destruction.

Parce qu’avec 2,5 millions d’habitants, diviser revient à se tirer une balle dans le pied… puis dans l’autre. Un concept que certains voisins découvrent encore.

Autre surprise qui semble déconcerter : le public gabonais a cette fâcheuse habitude d’écouter la musique sans demander la carte de membre du conflit.

– L’Oiseau Rare s’entend avec Didi B ? Pas de problème, Didi B est le bienvenu.
– Dementos collabore avec Himra ? Très bien, on écoute.
– Eboloko bosse avec Andrea ? Parfait, on partage le son.

Incroyable, non ?
Ici, la collaboration n’est pas un casus belli. C’est juste… de la musique.

Alors, avec toute l’ironie que mérite la situation :
Réglez vos différends chez vous.
Gardez vos stratégies de division pour les conférences de presse.
Et évitez de transformer les artistes gabonais en figurants de querelles qui ne sont pas les leurs.

Le Gabon est peut-être petit, mais il a développé une immunité culturelle avancée :
✔ allergie aux guerres inutiles,
✔ rejet des clans importés,
✔ et tolérance zéro pour la zizanie déguisée en collaboration.

Ici, la seule guerre qu’on accepte, c’est celle des streams, pas celle des frères.

La guerre entre nos fils ?
Merci, mais non merci.

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