Réseaux sociaux suspendus, VPN activés : quand l’ingéniosité gabonaise contourne la censure

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La suspension de Facebook, TikTok et YouTube par la Haute Autorité de la Communication (HAC) aura au moins eu un mérite inattendu : révéler, une fois de plus, l’ingéniosité légendaire des internautes gabonais. Car à peine le rideau numérique était-il tombé que, déjà, la lumière filtrait par les interstices… virtuels.

Depuis la restriction d’accès aux plateformes concernées, une solution miracle s’est imposée comme une évidence : le VPN. Derrière cet acronyme un peu technique – Virtual Private Network, ou Réseau privé virtuel pour les puristes – se cache un outil désormais populaire, téléchargé à la vitesse d’un buzz politique. Grâce à lui, la navigation redevient libre, l’adresse IP se fait discrète, et les réseaux sociaux, officiellement suspendus, continuent officieusement de vivre leur meilleure vie.

Résultat : depuis mercredi, citoyens ordinaires, figures politiques, acteurs de la société civile, pages ministérielles et même certaines institutions publiques restent allègrement actives et visibles en ligne. Une situation qui donne à la décision de la HAC un parfum de « coup d’épée dans l’eau », voire de pierre lancée dans un océan numérique. Comme le dit l’adage, « à malin, malin et demi » : à la régulation administrative a répondu une ruse technologique bien plus rapide.

Le VPN, accessible en quelques clics sur les plateformes de téléchargement, « sécurise la connexion internet de l’utilisateur en créant un tunnel chiffré entre l’appareil et un serveur distant, masquant ainsi l’adresse IP et les activités en ligne ». Traduction simple : il permet de faire comme si l’on se connectait depuis ailleurs, pendant que l’on est bien installé chez soi. Une pirouette numérique rendue d’autant plus populaire par l’absence de concertation et de pédagogie autour de la mesure de suspension.

Car en l’absence de débat public clair, cette situation nourrit une impression de deux poids, deux mesures : officiellement, les réseaux sont fermés ; officieusement, tout le monde – ou presque – continue de poster, commenter et partager. Une zone grise qui entretient l’incompréhension et affaiblit le message de l’autorité de régulation.

À ce rythme, la question n’est donc plus de savoir si les réseaux sociaux sont suspendus, mais pour qui ils le sont réellement. Les autorités gagneraient sans doute à clarifier les lignes rouges à ne pas franchir et à expliquer les objectifs poursuivis, au risque de voir la régulation se transformer en simple exercice théorique… contourné en pratique par un téléchargement de quelques mégaoctets.

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