Le passage éclair de la star ivoirienne A’salfo à Libreville a pris des allures de pèlerinage artistique au sommet. Le leader du groupe Magic System n’est pas venu en simple visiteur, mais en héritier respectueux, venu saluer deux monuments qui ont sculpté l’identité sonore du continent : la « Mama des mamas » Patience Dabany et le patriarche Pierre-Claver Akendengué. Cette rencontre, empreinte d’une émotion rare, symbolise la reconnaissance d’une génération dorée qui a bercé l’enfance de millions d’Africains, rappelant que la musique reste le lien le plus solide entre les peuples de la sous-région.
L’émotion était à son comble lors du tête-à-tête avec Pierre-Claver Akendengué, le « poète-écrivain » dont la plume et la guitare ont traversé les décennies sans prendre une ride. Pour A’salfo, cette première rencontre avec celui qu’on appelle affectueusement PCA est un hommage rendu à la profondeur textuelle et à l’engagement artistique gabonais. Les retrouvailles avec Patience Dabany, après plusieurs années, ont quant à elles réaffirmé les liens d’amitié et de respect mutuel qui unissent les grandes figures de la scène musicale ivoirienne et gabonaise, au nom de l’excellence culturelle.
La portée de ce séjour dépasse cependant le cadre privé des civilités pour s’inscrire dans l’agenda majeur du FEMUA 18. L’annonce est désormais officielle et résonne comme une promesse de communion : le patriarche Pierre-Claver Akendengué sera l’invité d’honneur du Gabon lors du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo. Ce monument vivant de la culture africaine montera sur la scène de l’Institut Français d’Abidjan le 29 avril prochain pour un concert live inédit, offrant ainsi une clôture magistrale à la soirée dédiée au Gabon, pays à l’honneur de cette édition.
Sous l’impulsion de cette diplomatie culturelle agissante, le Gabon s’apprête à faire rayonner son patrimoine immatériel en terre éburnéenne. En plaçant une légende de la trempe d’Akendengué sous les projecteurs du FEMUA, les organisateurs rappellent que la modernité des musiques urbaines puise sa sève dans les racines profondes des anciens. Ce rendez-vous du 29 avril à Abidjan s’annonce déjà comme un moment d’histoire, où la poésie gabonaise rencontrera la ferveur ivoirienne pour célébrer une Afrique unie par le rythme et le verbe.



