Le groupe minier français Eramet amorce une mue significative, marquée par un renforcement notable de l’influence gabonaise au sein de ses instances dirigeantes. L’entrée de Murielle Minkoué Mézui au conseil d’administration du géant minier constitue un signal fort, garantissant une meilleure représentativité des intérêts nationaux au cœur de la gouvernance de l’entreprise. Cette nomination s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités de Libreville de peser davantage sur les orientations stratégiques du groupe, acteur majeur de l’économie nationale.
Cette restructuration intervient dans un contexte de montée en puissance de l’État dans le secteur extractif. Avec un investissement colossal de 853 millions d’euros prévu pour l’année 2025, le Gabon affiche clairement ses ambitions : reprendre le contrôle effectif de ses ressources minières pour en faire un levier dynamique de l’économie locale. L’objectif est double : sécuriser les recettes nationales tout en instaurant une gestion plus rigoureuse et profitant directement au développement du pays.
La vision portée par l’exécutif se projette désormais sur le long terme, avec une échéance clé : 2029. À cette date, l’exportation de minerai brut sera proscrite, imposant ainsi une transformation locale systématique de la production. Ce changement de paradigme vise à générer davantage de valeur ajoutée sur le sol gabonais et à stimuler massivement la création d’emplois qualifiés. Plus qu’une simple réforme industrielle, le secteur minier est ainsi érigé en pilier central de la souveraineté économique du pays, marquant une étape irréversible vers une industrialisation plus inclusive et autonome.



