Intégration économique : l'Afrique muscle sa stratégie pour accélérer la mise en œuvre de la ZLECAF
À Addis-Abeba, les ministres africains du Commerce ont entamé une série de discussions cruciales pour l'avenir de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). L'ordre du jour est dense : harmonisation des barrières tarifaires et mise en place d'un système de paiement panafricain intégré.
## Lever les barrières au commerce intra-africain
Malgré les discours enthousiastes, le commerce entre pays africains ne représente encore qu'une faible fraction des échanges globaux du continent. Les obstacles bureaucratiques et la diversité des régulations douanières freinent le mouvement des marchandises. Les délégations cherchent désormais des solutions techniques pour simplifier ces procédures.
La question des règles d'origine reste le point le plus sensible des négociations. Pour que la ZLECAF soit un succès, il est impératif que les produits "Made in Africa" bénéficient réellement des avantages fiscaux prévus, sans que des produits étrangers ne soient simplement rebalancés via des pays tiers.
### Les infrastructures, le maillon faible
L'absence de réseaux ferroviaires et routiers interconnectés augmente considérablement les coûts logistiques. Transporter un conteneur d'Abidjan à Lagos coûte parfois plus cher que de l'envoyer en Europe. Les États sont appelés à investir massivement dans les corridors de transport transfrontaliers.
## Vers un système de paiement unifié
L'un des tournants majeurs de ce sommet est la promotion du Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS). Cet outil permettrait aux entreprises de commercer dans leurs monnaies locales respectives, sans avoir recours à des devises tierces comme le dollar ou l'euro, réduisant ainsi les frais de transaction.
« L'intégration économique de l'Afrique ne se décrète pas, elle se construit par des infrastructures physiques et financières solides qui permettent aux PME de traverser les frontières sans crainte », souligne Albert Muchanga, Commissaire au Commerce et à l’Industrie de la Commission de l’Union africaine.
### L'agro-industrie au cœur des échanges
Le secteur agricole est identifié comme le moteur principal de cette intégration. En transformant les matières premières sur place, les pays africains peuvent non seulement assurer leur sécurité alimentaire mais aussi créer des chaînes de valeur régionales puissantes, limitant les importations coûteuses.
En conclusion, l'accélération de la ZLECAF est vitale pour la résilience du continent face aux chocs exogènes. La réussite de ce projet dépendra de la volonté politique des États à privilégier l'intérêt collectif sur les protectionnismes nationaux.
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