Le Gabon investit 450 milliards de FCFA pour transformer son secteur agricole national
L'économie gabonaise franchit une étape décisive dans sa transition post-pétrole. Le gouvernement vient de valider un plan d'investissement massif de 450 milliards de FCFA destiné à la création d'agropoles modernes à travers le territoire national, marquant une volonté ferme de réduire la dépendance alimentaire du pays.
Cette initiative s'inscrit dans la Vision 2030 qui vise à faire de l'agriculture l'un des piliers de la croissance nationale. Les premières zones concernées se situent dans la province de la Ngounié et du Woleu-Ntem, régions réputées pour leur fort potentiel pédologique.
## Une souveraineté alimentaire en ligne de mire
Actuellement, le Gabon importe plus de 80 % de ses besoins alimentaires, ce qui représente une sortie de devises annuelle colossale. Le projet d'agropoles vise à inverser cette tendance en structurant des filières complètes, de la production à la transformation locale.
Le plan prévoit l'installation de jeunes entrepreneurs agricoles et de coopératives modernes dotées de technologies de pointe. L'objectif est double : assurer la sécurité alimentaire et créer plus de 15 000 emplois directs et indirects d'ici trois ans.
### Modernisation et mécanisation
Pour réussir ce pari, l'État gabonais mise sur une mécanisation intensive. Des centres de gestion de matériel agricole seront déployés pour permettre aux agriculteurs d'accéder à des tracteurs et des systèmes d'irrigation à moindre coût.
« Notre ambition est de transformer la terre gabonaise en un moteur de richesse partagée. Nous ne voulons plus seulement produire pour subsister, mais industrialiser notre agriculture pour exporter vers la sous-région », a déclaré M. Charles Mba, expert en économie rurale auprès du ministère de l'Agriculture.
## L'accompagnement des PME du secteur agro-industriel
Le financement ne se limitera pas aux champs. Une part importante du budget est allouée à la construction d'usines de transformation. Il s'agit de s'assurer que le manioc, le maïs et le palmier à huile récoltés soient transformés sur place pour capter un maximum de valeur ajoutée.
Les banques locales ont également été sollicitées pour faciliter l'accès au crédit des PME agricoles. Des mécanismes de garantie d'État ont été mis en place pour rassurer les institutions financières face aux risques inhérents au secteur primaire.
### Un impact social majeur
En ciblant l'arrière-pays, le gouvernement espère freiner l'exode rural. L'amélioration des infrastructures de base — routes, électricité et accès à l'eau — autour de ces agropoles est déjà en cours, transformant des villages isolés en véritables pôles d'activité économique.
Ce grand virage agricole représente l'espoir d'une économie plus résiliente. En plaçant l'agrobusiness au cœur de sa stratégie, le Gabon se donne les moyens de son autonomie tout en préparant activement l'avenir des générations futures dans un monde marqué par l'instabilité des prix des matières premières.
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