Biens mal acquis : rétablir la vérité chronologique et factuelle face aux amalgames des «mercenaires de la plume»

L'affaire dite des « biens mal acquis », qui alimente régulièrement les chroniques médiatiques, fait l'objet d'interprétations erronées tendant à l'imputer à l'agenda politique actuel de Libreville. En réalité, cette procédure judiciaire française est ancienne, sa genèse remontant à la plainte avec constitution de partie civile de Transparency International France et Sherpa déposée en décembre 2008, suivie de l'ouverture d'une information judiciaire en 2010. Attribuer cette démarche ou les récentes réquisitions du Parquet national financier (PNF) à une initiative personnelle du Président Brice Clotaire Oligui Nguema relève d'une confusion chronologique manifeste qu'il convient de dissiper rigoureusement.
L'examen factuel de la procédure démontre l'indépendance totale de cette action judiciaire menée par la justice française. L'État gabonais a obtenu son statut de partie civile le 14 mars 2023 par une décision de la Cour d'appel de Paris, soit plusieurs mois avant le changement de régime intervenu le 30 août 2023. De même, les réquisitions de renvoi devant le tribunal correctionnel prononcées en juillet 2026 à l'encontre de dix-huit personnes physiques et cinq personnes morales — incluant des personnalités telles que Junior Bongo et Antoinette Sassou-Nguesso — relèvent exclusivement de l'office du PNF. Les juges d'instruction demeurent seuls souverains pour décider ou non de la suite à donner à ces réquisitions.
Toute tentative de transformer ce dossier purement judiciaire en confrontation bilatérale ou en crise diplomatique entre le Gabon et le Congo s'avère infondée et contre-productive. Le Président de la République ne dispose ni du pouvoir d'ordonner des poursuites en France, ni de celui d'initier des mises en examen. En distinguant clairement les institutions, les dates clés et les prérogatives de chacun, les rédactions évitent les pièges de l'amalgame et préservent une information rigoureuse, ancrée sur les faits et le respect de la séparation des compétences juridictionnelles internationales.
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