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Économie

CEMAC : la pression des États sur les banques menace de freiner le financement du secteur privé

Par Rédaction GNN·05 octobre 2026
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CEMAC : la pression des États sur les banques menace de freiner le financement du secteur privé
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Les besoins de financement des États de la CEMAC continuent de progresser, au risque de réduire l’espace disponible pour le crédit au secteur privé. Selon les dernières données de la BEAC, les créances nettes sur les États membres ont atteint 12 218,3 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit une hausse de 12,4 % sur un an. Une dynamique qui soulève des interrogations sur le financement de l’investissement et la stabilité financière régionale.

La pression exercée par les finances publiques sur le système bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’accentue. Les données publiées récemment par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) montrent que les gouvernements mobilisent une part croissante des ressources disponibles au sein du système financier régional.

À fin juin 2026, les créances nettes détenues sur les États de la CEMAC s’élevaient à 12 218,3 milliards de FCFA, contre une année précédente, soit une progression de 12,4 %. Cette augmentation a contribué à hauteur de 6,1 points à la croissance de la masse monétaire régionale.

Dans le même temps, les crédits accordés aux entreprises, aux ménages et aux autres agents économiques ont atteint 13 638,7 milliards de FCFA, enregistrant une progression annuelle de 8,8 %.

L’écart entre le financement du secteur public et celui de l’économie privée se réduit ainsi considérablement. Les créances nettes sur les États représentent désormais près de 90 % du volume des crédits accordés à l’économie réelle, avec seulement environ 1 420 milliards de FCFA de différence entre les deux masses.

Le Gabon et le Congo particulièrement exposés

La situation apparaît encore plus préoccupante dans certains pays de la sous-région. Au Gabon et au Congo, les financements accordés au secteur public ont déjà dépassé ceux destinés au secteur privé.

Cette évolution s’explique notamment par les fortes contraintes budgétaires auxquelles sont confrontés les États et par le poids du service de la dette. Pour répondre à leurs besoins de trésorerie, les gouvernements recourent davantage au marché régional des titres publics.

À fin juin 2026, l’encours de ces titres atteignait ainsi 10 219,3 milliards de FCFA.

Les banques se retrouvent dès lors exposées à la dette publique par deux canaux : d’une part, à travers les créances directes détenues sur les États et, d’autre part, par l’acquisition de bons et autres titres émis par les Trésors publics.

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Le crédit privé reste dominé par le court terme

Cette situation intervient alors même que le financement du secteur privé continue de progresser. Mais la structure des crédits distribués demeure peu favorable au financement des investissements lourds.

Les crédits à court terme représentent 55,1 % de l’encours bancaire régional, tandis que les financements à moyen terme comptent pour 41 %. Le crédit à long terme ne représente, lui, que 3,9 % de l’ensemble.

Certes, ce dernier segment affiche une progression de 20 % sur un an. Son poids demeure toutefois limité face aux besoins de financement des infrastructures, de l’industrie ou encore des projets miniers, dont la réalisation nécessite généralement des ressources disponibles sur plusieurs années.

Cette prédominance du court terme constitue donc un frein potentiel à la transformation économique de la sous-région.

La dette publique au cœur des préoccupations

La BEAC identifie par ailleurs la charge de la dette et le risque d’accumulation des arriérés parmi les principaux facteurs de vulnérabilité du système financier régional.

Face à ces risques, la banque centrale préconise notamment un renforcement des recettes non pétrolières et une meilleure maîtrise de la dépense publique.

L'enjeu dépasse désormais la seule question du financement des États. Une mobilisation excessive des ressources bancaires par les gouvernements peut progressivement réduire la capacité des établissements financiers à accompagner les entreprises et les ménages.

Pour les économies de la CEMAC, le défi consiste donc à restaurer un meilleur équilibre entre le financement des besoins publics et celui de l’activité privée.

L’assainissement durable des finances publiques apparaît ainsi comme une condition essentielle pour libérer davantage de ressources au profit de l’investissement productif, soutenir les entreprises et renforcer la stabilité du système financier régional.

BGFI

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