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Politique

Gabon–Guinée équatoriale : l’Afrique tente de régler elle-même un contentieux vieux de 50 ans

Par Rédaction GNN·29 juillet 2026
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Gabon–Guinée équatoriale : l’Afrique tente de régler elle-même un contentieux vieux de 50 ans
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C’est une nouvelle séquence qui s’ouvre entre le Gabon et la Guinée équatoriale. Après plusieurs décennies de différend territorial et une décision de la Cour internationale de Justice, les deux pays ont choisi de poursuivre le processus sous facilitation de l’Union africaine.

Le 28 juillet 2026, à Addis-Abeba, Libreville et Malabo ont signé un accord d’engagement conjoint destiné à organiser la mise en œuvre de l’arrêt rendu par la CIJ le 19 mai 2025.

L’initiative porte un message qui dépasse les seules relations entre les deux États : celui de la capacité du continent à mobiliser ses propres mécanismes pour accompagner le règlement pacifique de ses différends.

Une affaire qui remonte à plusieurs décennies

Le contentieux territorial entre le Gabon et la Guinée équatoriale est ancien. Les discussions bilatérales menées après l’arrêt de la CIJ n’avaient pas permis de parvenir à un accord définitif.

Les deux chefs d’État ont alors accepté, le 14 février 2026 à Addis-Abeba, une médiation de l’Union africaine. L’Envoyé spécial Albert Shingiro a depuis assuré les échanges entre les deux capitales.

L’accord signé le 28 juillet constitue l’aboutissement de cette démarche.

Il prévoit la création d’un mécanisme conjoint de consultation facilité par la Commission de l’Union africaine, avec une échéance de six mois pour la présentation de ses conclusions.

Du face-à-face à la médiation africaine

L’un des principaux changements réside dans la méthode.

Les discussions ne reposent plus uniquement sur un face-à-face entre Libreville et Malabo. L’Union africaine joue désormais le rôle de facilitateur afin d’accompagner les deux parties dans la traduction concrète de la décision de la CIJ.

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Cette démarche permet également de maintenir le différend dans un cadre strictement pacifique et juridique.

L’accord d’Addis-Abeba n’est ni une victoire du Gabon ni une victoire de la Guinée équatoriale. Il ne constitue pas non plus une capitulation de l’un des deux États. Sa fonction est avant tout d’organiser la concertation autour de l’application de la décision internationale.

Un précédent pour le règlement des différends africains ?

La portée politique du processus pourrait dépasser les frontières gabono-équato-guinéennes.

Dans un continent confronté à plusieurs différends territoriaux, le choix effectué par Libreville et Malabo illustre une autre voie : saisir la justice internationale, accepter sa décision, puis organiser sa mise en œuvre par la négociation et la médiation régionale.

Le cas présente également une particularité : les deux pays avaient eux-mêmes saisi conjointement la CIJ. Il ne s'agit donc pas d'une procédure imposée à l'un par l'autre.

La signature d'Addis-Abeba s'inscrit ainsi dans une logique de respect de l'État de droit et de recherche d'une solution négociée.

Six mois pour avancer

Le mécanisme conjoint dispose désormais de six mois pour travailler sur les dimensions politiques, juridiques, techniques et pratiques de la mise en œuvre de l'arrêt.

Les questions liées aux populations frontalières, aux activités des pêcheurs et aux autres aspects pratiques devront également être prises en compte.

Pour le Gabon comme pour la Guinée équatoriale, l’enjeu est donc désormais de transformer une décision judiciaire en solutions concrètes, sans précipitation et dans le respect du bon voisinage.

De La Haye à Addis-Abeba, le dossier change ainsi de phase : après le temps du droit vient celui de la mise en œuvre, avec l’Union africaine comme facilitateur et le dialogue comme principal instrument.

BGFI

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