Gabon / Société : la détresse de 18 diplômés des douanes de la CEMAC en quête d'intégration

À Libreville, l'impatience a cédé la place à l'incompréhension pour le collectif des diplômés gabonais de l'École inter-États des douanes de la CEMAC. Rassemblés à proximité du ministère de l'Économie et des Participations, ces jeunes cadres sont sortis de leur silence pour lancer un cri du cœur au chef de l'État. Trois ans après l'achèvement de leur formation au sein de cette prestigieuse institution sous-régionale, ils réclament avec urgence leur intégration tant promise au sein de l'administration douanière nationale.
Formés en tant qu'auditeurs libres, ces dix-huit diplômés — répartis entre neuf inspecteurs, six contrôleurs et trois agents de constatation — fondent leur légitimité sur l'article 108 de la loi régissant la fonction publique, autorisant le recrutement sur titre. Alors même que les précédents gouvernements, incluant la Primature et les ministères de tutelle, avaient émis des avis on ne peut plus favorables, le dossier demeure inexplicablement bloqué, plongeant ces compétences dans une précarité administrative incompréhensible.
Face à cette inertie, le collectif pointe du doigt une situation ubuesque par rapport à leurs pairs de la zone CEMAC, tous intégrés et en poste dans leurs pays respectifs depuis des années. Ce sentiment de marginalisation est d'autant plus vif qu'un précédent récent a bénéficié à près de 900 lauréats du secteur des Eaux et Forêts. Pour ces dix-huit cadres, le compte n'y est pas, et l'écart entre les besoins criants des douanes gabonaises et leur propre chômage forcé ne trouve plus aucune justification rationnelle.
Loin de toute velléité conflictuelle, la démarche de ces jeunes professionnels se veut un appel pacifique et constructif à la plus haute autorité de l'État. En sollicitant l'arbitrage du président de la République, ils espèrent dénouer les méandres bureaucratiques qui freinent leur engagement. Mettre un terme à cette longue traversée du désert, c'est non seulement rendre justice à des talents formés à rude école, mais aussi doter l'administration douanière gabonaise de ressources humaines qualifiées et indispensables à sa modernisation.
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