GnextNews
29 juil. 2026Libreville
CREATI
Politique

Île Mbanié : pourquoi l'accord signé entre le Gabon et la Guinée équatoriale ne signifie pas une cession de territoire

Par Rédaction GNN·29 juillet 2026
Partager :
Île Mbanié : pourquoi l'accord signé entre le Gabon et la Guinée équatoriale ne signifie pas une cession de territoire
CREATIGA

Depuis la signature, le 27 juillet 2026 à Addis-Abeba, d'un accord d'engagement conjoint entre le Gabon et la Guinée équatoriale, de nombreuses interprétations circulent quant au devenir de l'île Mbanié. Certaines affirment que Libreville aurait accepté d'abandonner sa souveraineté sur ce territoire. Une lecture qui ne correspond pourtant pas au contenu réel du document signé.

En réalité, l'accord ne prévoit aucune cession territoriale. Il ne modifie pas davantage l'arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Son objectif est exclusivement de définir les modalités pratiques de coopération entre les deux pays afin d'organiser la mise en œuvre progressive de cette décision, sous l'égide de l'Union africaine.

La confusion provient souvent d'une réduction du différend à la seule question de l'île Mbanié. Or, la décision de la Cour porte sur un ensemble beaucoup plus vaste, englobant la délimitation terrestre, la délimitation maritime ainsi que la souveraineté sur les îles Mbanié, Conga et Cocotiers. Ces différents volets sont juridiquement liés et doivent être appliqués selon une démarche progressive.

CANAL

L'accord signé à Addis-Abeba ne crée donc aucun nouveau droit de souveraineté pour l'une ou l'autre des parties. Il constitue un instrument de coordination destiné à permettre aux experts, diplomates et autorités compétentes des deux États de travailler ensemble dans un cadre institutionnel reconnu.

Cette précision est d'autant plus importante que les questions frontalières demeurent sensibles dans l'opinion publique. Les autorités des deux pays ont ainsi choisi de privilégier une approche fondée sur le dialogue, le respect du droit international et les principes de règlement pacifique des différends consacrés par l'Union africaine.

Dans un contexte où les informations circulent rapidement, la pédagogie autour des accords internationaux devient un enjeu majeur. Assimiler un mécanisme de mise en œuvre à une cession de territoire revient à confondre un processus administratif et diplomatique avec une décision de souveraineté.

L'accord d'Addis-Abeba doit ainsi être compris pour ce qu'il est réellement : un cadre de coopération permettant d'exécuter une décision de justice internationale dans des conditions apaisées, sans remettre en cause les principes du droit ni créer de nouvelles dispositions relatives à la souveraineté des territoires concernés.

BGFI

À lire aussi