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ZLECAF : le pari d’un marché commun africain pour briser la dépendance extérieure

RPar Rédaction GNN·12 juin 2026
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ZLECAF : le pari d’un marché commun africain pour briser la dépendance extérieure
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Le projet de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) entre dans sa phase opérationnelle la plus critique. Pour le Gabon et ses voisins de l'Afrique centrale, l'enjeu est de taille : transformer une économie encore largement dépendante des exportations de matières premières en un écosystème industriel intégré. Le commerce intra-africain est désormais vu comme l'unique voie vers une croissance durable.

## Le casse-tête des barrières douanières et logistiques

Malgré la volonté politique, les échanges entre les pays d'Afrique centrale restent parmi les plus faibles au monde. Le coût du transport des marchandises est parfois plus élevé entre Libreville et Douala qu'entre Libreville et Marseille. La suppression progressive des droits de douane n'est que la première étape ; il faut désormais s'attaquer aux barrières non tarifaires comme les tracasseries administratives aux frontières.

### La standardisation des normes de production

Pour que les produits gabonais se vendent au Nigeria ou en Éthiopie, ils doivent répondre à des normes de qualité harmonisées. La ZLECAF travaille à la création d'un système de certification panafricain. Cela permettrait à une PME fabriquant des cosmétiques à base d'huile de palme ou d'okoumé d'accéder à un marché de 1,3 milliard de consommateurs sans avoir à multiplier les tests de conformité.

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## L'industrialisation comme moteur de succès

On ne peut pas commercer si les pays produisent tous la même chose. La stratégie repose sur la spécialisation régionale. Le Gabon, avec ses Zones Économiques Spéciales (ZES), mise sur la transformation locale du bois et des minerais. En intégrant les chaînes de valeur continentales, le pays espère attirer des industries de transformation lourde qui alimenteront le reste du continent.

« La ZLECAF n'est pas une simple zone de libre-échange, c'est notre bouclier contre les chocs extérieurs et notre meilleur outil pour sortir de la dépendance aux prix mondiaux des commodités », explique l'économiste Dieudonné Moussavou, spécialiste du commerce régional.

### Vers une monnaie commune ou des systèmes de paiement intégrés ?

Un autre défi majeur réside dans la multiplicité des monnaies. Le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) est en test pour permettre le règlement des transactions en devises locales. Si ce système se généralise, il réduira drastiquement le besoin en dollars ou en euros pour les échanges commerciaux intra-africains, renforçant la souveraineté monétaire du continent.

Le succès de la ZLECAF dépendra de la capacité des États à harmoniser leurs régulations et à investir massivement dans les infrastructures de transport. Si le pari est gagné, l'Afrique pourrait passer du statut de spectateur à celui d'acteur majeur du commerce mondial dès l'horizon 2030, porté par une jeunesse dynamique et créative.

BGFI

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