Libreville : Face au péril de l’infox, la HAC interpellée sur les dérives des « mercenaires de la plume »

Le paysage médiatique national fait face à une dérive préoccupante où le sensationnalisme et la course à la visibilité le disputent dangereusement au respect de l'éthique professionnelle. L’affaire de la prétendue dette locative de la représentation diplomatique du Gabon en France, initialement soufflée par Africa Intelligence avant d’être relayée en chœur par plusieurs organes locaux, illustre à elle seule la légèreté coupable de certains plumitifs. En emboîtant le pas à des récits non vérifiés, ces relais de la désinformation n’hésitent plus à ternir l’image des institutions de la République au mépris des règles élémentaires de la déontologie journalistique.
La supercherie s'effondre pourtant dès lors qu'on la confronte à la stricte réalité patrimoniale et juridique du bien immobilier incriminé. La résidence en question, ancienne propriété d'Omar Bongo Ondimba, a été officiellement affectée à l'État gabonais et à sa chancellerie sous la magistrature d'Ali Bongo Ondimba, intégrant de fait le domaine public de la nation. Comment un État pourrait-il logiquement être constitué débiteur de loyers pour l'occupation d'un édifice qui lui appartient en propre ? Cette question essentielle, balayée d'un revers de main par les adeptes de la copie conforme, met en lumière l'absence totale d'investigation et de recoupement des faits qui caractérise cette production médiatique. La prolifération de ces récits approximatifs met en cause la responsabilité d'une presse prompte à transformer la répétition d'une allégation en une prétendue vérité absolue. En l'absence de tout fondement contractuel documenté et d'identification précise d'un éventuel créancier, la construction de ce faux scandale s'apparente à une tentative délibérée d'infantilisation et de dénigrement de l'État gabonais. Le métier d'informer exige pourtant de s'interroger sur la nature réelle de la créance, d'auditer les titres de propriété et d'exiger des preuves tangibles avant de livrer au public des accusations susceptibles de nuire à la souveraineté nationale.
Face à cette recrudescence de manquements professionnels qui appellent au sursaut de rigueur, le rôle de la Haute Autorité de la Communication (HAC) s'avère plus que jamais capital pour assainir le secteur. La liberté de la presse ne saurait être un permis de propager des infox dictées par la paresse intellectuelle ou des agendas occultes. Le Gabon mérite un journalisme d'investigation digne de ce nom, où la vérification des sources précède l'écriture et où la défense des intérêts supérieurs de la patrie l'emporte sur l'appât du clic.
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