Gabon : Le cap des 100 jours, l’heure du premier inventaire pour l’exécutif

Le temps de la grâce laisse place à celui de la rigueur. Alors que le gouvernement gabonais franchit la barre symbolique des 100 jours, l’opinion publique et les observateurs internationaux scrutent avec une attention particulière le bilan d’étape d’une équipe portée par d’immenses attentes. Ce premier jalon, traditionnellement utilisé pour mesurer la capacité d’impulsion d’un nouvel attelage politique, se transforme à Libreville en un véritable exercice de redevabilité. Entre les promesses de rupture et la réalité des chantiers en cours, l’exécutif doit désormais démontrer que le rythme des réformes ne faiblit pas.

 

Sur le front des infrastructures, le bilan affiche des signaux encourageants. Les chantiers dits de la « 5e République », tels que le réaménagement du PK0 ou l’élévation de la Tour H, sont devenus les vitrines d’une volonté de transformation visible au quotidien. Ces projets de modernisation urbaine, couplés à l’offensive foncière de la SNI, visent à redonner aux Gabonais un cadre de vie digne. Pour le gouvernement, l’enjeu de ces 100 jours était de prouver sa capacité à passer de l’annonce à l’exécution concrète, transformant les budgets en béton et en bitume.

 

Cependant, le volet social reste le terrain le plus glissant pour le cabinet ministériel. Si l’activation de la Centrale d’Achats du Gabon (CEAG) et la digitalisation des services publics marquent des points dans la lutte contre la vie chère et l’opacité administrative, le malaise des ménages persiste. La stagnation du pouvoir d’achat, héritée des années précédentes, demeure une plaie ouverte que les premières mesures peinent encore à cicatriser totalement. Les cent jours ont permis de poser les diagnostics ; les cent suivants devront impérativement apporter des remèdes perceptibles dans le panier de la ménagère.

 

Au final, ce premier bilan comptable dessine une gouvernance qui cherche son équilibre entre autorité et dialogue. Si la fermeté a été de mise sur certains dossiers régaliens, la réouverture progressive de l’espace numérique et le lancement de grands forums de discussion témoignent d’une volonté d’apaisement. L’heure des comptes n’est pas encore celle du jugement définitif, mais elle sonne comme un avertissement : dans un Gabon en pleine mutation, l’adhésion populaire ne se décrète pas, elle se gagne chaque jour par l’efficacité et la transparence.