La crise des délestages dépasse la simple question technique. La réunion tenue le 3 mars à Libreville entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et les dirigeants de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon marque une nouvelle étape dans la refonte de la gouvernance de l’entreprise.
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’assainir les finances de la société et d’introduire davantage de transparence. Parmi les mesures évoquées figure la publication des listes de personnes impliquées dans des actes frauduleux liés à l’eau et à l’électricité dans certaines localités — une orientation qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les branchements illégaux et les détournements.

Le partenariat avec le groupe Suez, signé il y a quelques mois, est présenté comme une opportunité stratégique pour moderniser les infrastructures et renforcer les capacités techniques. Mais l’exécutif semble désormais vouloir aller au-delà de l’optimisation technique pour engager une réforme en profondeur de la culture managériale.
Le message présidentiel est double : responsabilité accrue des dirigeants et implication citoyenne dans l’usage rationnel des ressources. En appelant à la fin des « comportements déviants » dans l’utilisation des services publics, le chef de l’État élargit le débat à la responsabilité collective.
Cette séquence révèle un enjeu central pour la Transition : faire de la réforme des services publics un symbole tangible du changement promis. La SEEG apparaît ainsi comme un test grandeur nature de la capacité de l’État à conjuguer rigueur financière, efficacité opérationnelle et exigence de transparence.



