Fegafoot: USO et AO CMS disent niet, ils ne se reconnaissent pas en fervents soutiens d’Alain Mounguengui

 

 

 

Dans l’arène souvent volcanique du football gabonais, l’heure est aux clarifications de fond. Alors que le mandat d’Alain Mounguengui à la tête de la Fédération Gabonaise de Football (Fegafoot) continue de diviser l’opinion, une onde de choc vient de traverser le paysage sportif national. L’Union Sportive d’Oyem (USO) et l’Association Omnisports Centre de Métiers de la Sel (AO CMS), deux bastions historiques du championnat local, ont tenu à briser le silence. Par des voix officielles, ces clubs ont tenu à marquer une distance nette avec les rumeurs les présentant comme des soutiens indéfectibles et inconditionnels du président sortant, redistribuant ainsi les cartes de l’influence politique au sein de l’institution de verre d’Owendo.

Cette mise au point n’est pas qu’une simple coquetterie de communication ; elle traduit un malaise profond quant à la gestion actuelle du cuir national. Pour les dirigeants de l’USO et de l’AO CMS, l’amalgame qui consistait à les ranger systématiquement dans le camp des « fidèles » de Mounguengui ne correspond plus à la réalité du terrain. Ils revendiquent désormais une posture de neutralité critique, préférant se focaliser sur les défis structurels auxquels sont confrontés leurs clubs respectifs plutôt que de servir de faire-valoir électoral. Ce désengagement public sonne comme un avertissement pour le sommet de la Fegafoot, qui voit ses appuis traditionnels s’effriter au profit d’une exigence de résultats plus transparente.

Au cœur des griefs, on retrouve l’éternelle problématique de la relance effective des compétitions nationales et l’accompagnement financier des acteurs de l’élite. En se désolidarisant de l’étiquette de « fervents soutiens », l’USO et l’AO CMS envoient un message clair : leur allégeance va au développement du football gabonais et non à des individualités, fussent-elles aux commandes depuis des années. Ce repositionnement stratégique suggère que le consensus de façade qui régnait autrefois autour de l’actuelle direction fédérale est bel et bien révolu, laissant place à une vigilance accrue de la part des clubs qui ne veulent plus être les spectateurs passifs de leur propre déclin.

In fine, cette sortie médiatique pourrait bien être le prélude à une recomposition plus vaste des rapports de force à l’approche des prochaines échéances fédérales. Si deux clubs de ce calibre choisissent de s’affranchir publiquement de la tutelle morale d’Alain Mounguengui, c’est que le vent tourne sur les pelouses du pays. Le journalisme sportif gabonais, toujours prompt à scruter les coulisses du pouvoir, y voit le signe d’une maturité nouvelle des présidents de clubs, bien décidés à ne plus signer de chèques en blanc. La Fegafoot se retrouve désormais face à l’obligation de convaincre par les actes, sous peine de voir son socle de légitimité se réduire comme peau de chagrin.