Libreville poursuit sa mue et confirme son ascension dans le gotha des métropoles africaines les plus attractives. Selon le dernier baromètre 2025 de Jeune Afrique et Sagaci Research, la capitale gabonaise gagne une place au classement continental pour se hisser au 16e rang. Cette progression, bien que mesurée, agit comme un puissant indicateur de la transformation en cours sur les bords de l’estuaire. En s’ancrant solidement dans le Top 30 africain, Libreville ne se contente plus de figurer sur la carte ; elle impose son rythme et redéfinit son image de marque face à des géants comme Le Caire, qui domine désormais le sommet de ce palmarès avec une dynamique d’investissement sans précédent.
L’élément le plus frappant de cette étude reste l’hégémonie de Libreville sur son flanc régional. Unique représentante de la zone CEMAC dans ce prestigieux classement, elle distance nettement ses voisines Douala et Yaoundé. Ce cavalier seul dans l’espace communautaire témoigne de l’efficacité relative des récentes politiques de gestion urbaine et de collecte des déchets ménagers. Pour les Librevillois, dont l’opinion a été le moteur de cette enquête en octobre dernier, ce résultat valide les efforts de proximité et l’aménagement progressif des espaces publics, faisant de la capitale gabonaise un îlot de propreté et de résilience dans un environnement régional souvent à la traîne.
Cette performance urbaine n’est pas un incident isolé, mais le prolongement d’une dynamique nationale plus vaste. Le Gabon a en effet été sacré « pays le plus propre d’Afrique » en 2025 selon l’Indice de Performance Environnementale (EPI). Ce doublé prestigieux — au niveau de la ville et de l’État — illustre une stratégie cohérente axée sur la transition écologique. L’ambitieux projet du centre de traitement de Nkoltang, conçu pour absorber 900 tonnes de déchets par jour, symbolise cette volonté de passer d’une gestion artisanale à une véritable industrie de l’économie circulaire. L’indice de propreté de 5,4 obtenu par la capitale lui permet désormais de tutoyer des métropoles historiques, prouvant que l’ambition verte du pays porte ses fruits.
Toutefois, ce succès au classement ne saurait occulter les chantiers herculéens qui attendent encore les autorités municipales. Si la propreté est un acquis que le pays peut fièrement arborer, les défis liés au logement décent et à la fluidité des transports restent des points de friction majeurs pour les populations du Grand Libreville. Cette 16e place doit donc être perçue moins comme un aboutissement que comme un encouragement à transformer l’essai. Pour que Libreville brise le plafond de verre du Top 10 africain, l’innovation dans les services urbains devra s’accompagner d’une modernisation infrastructurelle capable de soutenir une urbanisation galopante.



