Gabon : avec le projet « AFANE », la jeunesse au cœur du sanctuaire vert

Au Gabon, la forêt tropicale ne se résume plus à une vaste Étendue verte observée de loin. À travers le lancement du projet « AFAN », l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) entend transformer la perception de ce patrimoine naturel unique. En immergeant les jeunes élèves au plus près des scientifiques sur le terrain, le projet ambitionne de faire de la forêt gabonaise non seulement un sanctuaire protégé, mais un territoire vivant, transmis et partagé.
« AFANE, cela veut dire "forêt" en langue fang », explique Omer Ntougou Ndoutoume, Secrétaire exécutif de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN). Mais pour le responsable, le terme dépasse la simple désignation linguistique : « AFANE, c’est tout un écosystème. C’est un terme qui renferme une multitude d'interactions. Quand on voit la forêt de l'extérieur, on a l'impression que c'est juste un couvert d'arbres. Mais dès qu'on y entre, on découvre une biodiversité impressionnante : des animaux en interaction avec des plantes, des plantes qui interagissent entre elles, une véritable dynamique de vie. »
Face aux défis climatiques et à la nécessité de préserver le bassin du Congo — deuxième poumon vert de la planète —, le Gabon mise sur l'éducation environnementale de ses jeunes citoyens. L'objectif principal d’AFAN est de susciter des vocations scientifiques et d'ancrer durablement la culture de la conservation chez les plus jeunes.« On ne peut pas simplement parler de la forêt aux jeunes, il faut les y emmener», insiste le Secrétaire exécutif de l’ANPN.« Il faut qu'ils touchent le bois, qu'ils touchent la feuille, qu'ils marchent pieds nus dans la forêt et ressentent ses effluves. » Concrètement, le dispositif associe chercheurs et lycéens. Les élèves suivent pas à pas le travail des scientifiques en mission d'exploration. En observant les méthodes de recherche, la collecte de données sur la faune et la flore et les protocoles de conservation, ces observateurs en herbe s'imprègnent des mécanismes indispensables à la protection du milieu naturel.
Sur le terrain, les opérations scientifiques se déploient principalement dans le Parc National de Moukalaba-Doudou, l'un des joyaux de la biodiversité gabonaise connu pour sa forte densité de primates et sa richesse floristique. C'est là que les élèves des classes supérieures accompagnent les chercheurs pour des sessions d'immersion poussées. Pour les plus jeunes ou ceux ne pouvant pas faire le déplacement dans le Sud-Ouest, le projet s'appuie sur une « forêt témoin » aux portes de la capitale : l’Arboretum Raponda Walker.
Le programme implique pour l'instant plusieurs établissements scolaires du pays, notamment les lycées français de Libreville, de Port-Gentil et de Moanda, en partenariat avec l'association des établissements français. Une collaboration qui suscite des questions sur l'ouverture aux établissements publics locaux. À cela, la direction de l'ANPN répond qu'un travail étroit est déjà mené avec les établissements publics gabonais, notamment avec le soutien de l'UNESCO, tout en rappelant les contraintes matérielles, financières et de calendrier scolaire. « Nous essayons de faire le maximum au cours de l'année scolaire pour amener progressivement les jeunes vers l'éducation environnementale. »
En comblant le fossé entre la recherche scientifique et la jeunesse, le projet AFAN entend former les futurs acteurs de la gestion durable du territoire. Pour l'ANPN, les experts et les chercheurs jouent un rôle de passeurs essentiels entre la nature et les citadins. « La forêt, ce n'est pas seulement notre passé et notre présent, c'est aussi notre avenir»,conclut le Secrétaire exécutif. En donnant à ces jeunes l'envie de regarder la forêt autrement, de la conserver et de la valoriser, nous nous assurons que l'avenir sera préservé.
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