À Omboué, le Conseil départemental d’Etimboué vient de poser un acte fondateur pour l’avenir de la région en adoptant à l’unanimité son Plan de Développement Local (PDL) 2026-2030. Sous la présidence de Hans Augoula Avoungou et la supervision stratégique du Sénateur Georges Mpaga, cette feuille de route ambitieuse mobilise une enveloppe de 50 milliards FCFA sur cinq ans. Ce vote marque une rupture avec l’attentisme passé : il ne s’agit plus de constater le dénuement de 60 villages sans eau ni électricité, mais d’engager une transformation structurelle. En associant experts, chefs traditionnels et société civile, le Conseil a bâti un projet dont la vision est claire : faire d’Etimboué un modèle de résilience et de souveraineté économique d’ici 2030.
L’adoption de ce plan s’accompagne d’une vive contestation du budget prévisionnel 2026, jugé dérisoire par les élus. Avec une allocation de seulement 275 millions FCFA, le Conseil dénonce une déconnexion flagrante entre la dotation de l’État et le poids réel du département, premier pôle de production de richesse nationale grâce au pétrole, au gaz et au bois. Dans un élan de fermeté administrative, les conseillers exigent une correction rapide auprès du Ministère du Budget, prônant une indexation des ressources locales sur les recettes fiscales générées par le territoire. Cette offensive budgétaire est complétée par une opération de recouvrement musclée visant à récupérer 400 millions FCFA d’impayés auprès des opérateurs économiques locaux.
La stratégie de financement du PDL innove en s’appuyant sur une synergie entre fonds publics et contributions privées. Le département entend désormais arrimer chaque convention extractive, forestière ou touristique à des engagements mesurables, conformément aux standards internationaux de la Norme ITIE 2023. L’objectif est de capter une part équitable de la rente issue des ressources du sous-sol pour financer les besoins vitaux : forages solaires, kits électriques, et réhabilitation de l’axe routier crucial Omboué-Gamba. En plaçant les services de base au cœur de sa « théorie du changement », Etimboué veut transformer ses jeunes et ses femmes, autrefois spectateurs de l’exploitation de leurs terres, en véritables acteurs de la chaîne de valeur locale.
Enfin, pour transformer ce plaidoyer en réalité sonnante et trébuchante, le Conseil lance une offensive diplomatique et médiatique d’envergure dès ce mois d’avril. Des audiences de haut niveau auprès des chefs d’institutions à Libreville et une table ronde des bailleurs à Port-Gentil sont déjà programmées pour mobiliser les 10 premiers milliards FCFA nécessaires dès la première année. Avec l’installation imminente d’un comité de pilotage incluant 60 comités villageois, Etimboué se dote d’une gouvernance de proximité inédite. Ce sursaut départemental prouve qu’au-delà des chiffres, c’est une nouvelle doctrine du développement territorial qui s’écrit, où la richesse du sol doit impérativement se traduire par la dignité de ceux qui l’habitent.



