L’affaire qui a secoué les hautes sphères du pouvoir gabonais continue de livrer ses zones d’ombre. À travers le témoignage de Ike Ngouoni, ancien porte-parole de la présidence, une lecture différente de la période post-AVC de Ali Bongo Ondimba émerge : celle d’un système de décisions collectives, bien loin de l’image d’un homme seul aux commandes.
Arrêté en 2019 puis détenu pendant plusieurs années avant d’être libéré en 2024 grâce à une grâce présidentielle accordée par Brice Clotaire Oligui Nguema, Ike Ngouoni brise aujourd’hui le silence. Au cœur de ses révélations : la volonté supposée de faire de Brice Laccruche Alihanga le principal responsable d’une période politique pourtant marquée par une gouvernance collégiale.
Selon lui, les décisions stratégiques prises à l’époque ne relevaient pas d’une seule personne. Autour de la table, plusieurs acteurs clés du pouvoir participaient aux orientations majeures : membres du gouvernement, responsables institutionnels, entourage présidentiel. Dans ce contexte, attribuer l’ensemble des choix politiques à un seul homme relèverait d’une simplification, voire d’une relecture orientée des faits.
Plus encore, le témoignage met en lumière des pressions exercées sur certains jeunes cadres et collaborateurs proches de Laccruche Alihanga. L’objectif implicite : obtenir des accusations internes capables de fragiliser durablement l’ancien directeur de cabinet. Une stratégie qui, selon cette version, n’aurait pas produit les effets escomptés.
Cette relecture des événements repositionne le débat. Elle interroge non seulement la responsabilité individuelle, mais aussi les mécanismes de fonctionnement du pouvoir à cette période charnière. Car au-delà des hommes, c’est tout un système décisionnel qui semble aujourd’hui remis en question.



