C’est dans l’enceinte prestigieuse de l’Africa CEO Forum que le Chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, a porté ce jeudi 14 mai 2026 une parole forte et décomplexée. Participant au panel présidentiel aux côtés de son homologue nigérian, Bola Ahmed Tinubu, le leader gabonais a abordé de front l’épineuse question de la transformation des alliances continentales en actifs stratégiques. Avec une hauteur de vue saluée par l’assistance, il a rappelé que l’intégration africaine ne doit plus être une simple incantation diplomatique, mais un levier de puissance économique capable de peser dans les rapports de force mondiaux.
L’accent a été mis sur l’impératif de donner corps à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), que le Président gabonais considère comme un moteur encore sous-exploité. Pour lui, l’accélération de ce projet passe inévitablement par l’abolition des barrières à la libre circulation des biens, des capitaux et des talents. En replaçant le débat dans une perspective historique, il a exhorté ses pairs à tirer les leçons du passé pour bâtir des structures pérennes, capables de résister aux turbulences géopolitiques tout en favorisant l’émergence de véritables champions industriels panafricains.
La vision développée par le Chef de l’État s’articule autour d’un triptyque pragmatique : stabilité, coopération Sud-Sud et respect des engagements. Brice Clotaire Oligui Nguema a martelé que les alliances africaines doivent d’abord être des garantes de paix, car aucun développement n’est viable sur un sol instable. Il a ensuite plaidé pour la multiplication des *joint-ventures* et des infrastructures régionales, outils indispensables pour structurer des chaînes de valeur locales. Cette approche vise à transformer les ressources naturelles sur le continent même, garantissant ainsi une souveraineté économique qui échappe enfin aux logiques extractives traditionnelles.
Le Président gabonais a réaffirmé la doctrine du Gabon pour des partenariats équilibrés, fondés sur la co-création de valeur. Son appel à un « panafricanisme pragmatique » résonne comme une feuille de route pour la nouvelle Afrique : celle qui privilégie l’action concrète aux déclarations de principe. Par cette participation remarquée à Kigali, le Gabon confirme sa position de pivot de l’intégration régionale, résolument engagé dans une mutation structurelle qui place le bien-être des populations et la dignité économique au cœur de l’agenda continental.



