Dans un contexte où la démocratie recule dans de nombreuses régions du monde, le Gabon apparaît comme l’une des rares exceptions relevées par le rapport 2026 de l’institut suédois V-Dem.
Selon cette étude internationale, douze pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré cette année une dégradation de leurs indicateurs démocratiques, soit le nombre le plus élevé parmi toutes les régions du globe. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo.
À contre-courant de cette tendance, le Gabon est cité parmi les pays qui progressent. L’institut souligne que le pays a quitté la liste des nations en recul démocratique pour rejoindre celle des États qui montrent des signes d’amélioration.
Cette évolution s’explique principalement par les élections organisées en 2025 et par la remise du pouvoir à des autorités civiles à l’issue de la Transition. V-Dem considère ces événements comme des marqueurs importants du retour progressif à la normalité institutionnelle.
Le Gabon rejoint ainsi un cercle particulièrement restreint composé de trois pays seulement dans le monde identifiés comme de potentiels candidats au statut de « démocratie en progrès ». Aux côtés du Tchad et de la Corée du Sud, le pays est observé comme un cas de redressement démocratique à suivre dans les années à venir.
Cette reconnaissance internationale intervient alors même que plusieurs démocraties établies connaissent des difficultés. V-Dem note en effet que le recul démocratique touche également certaines grandes puissances, confirmant le caractère exceptionnel de la trajectoire actuellement observée au Gabon.
Toutefois, les experts invitent à la prudence. Avec sa 114e place mondiale, le Gabon demeure encore parmi les États aux performances démocratiques limitées. Les progrès constatés devront être consolidés dans la durée afin de transformer cette dynamique positive en acquis durables.
Pour les observateurs, le principal enseignement du rapport est clair : le Gabon n’est pas encore arrivé à destination, mais il a changé de direction. Et c’est précisément ce changement de trajectoire que la communauté internationale commence aujourd’hui à reconnaître.



