Le Gabon durcit son arsenal juridique pour mieux protéger les mineurs contre les prédateurs sexuels opérant sur Internet. Avec l’entrée en vigueur des dispositions de l’article 281-3 de la loi n°006/2020 du 30 juin 2020 portant Code pénal, les adultes qui sollicitent sexuellement des personnes de moins de 18 ans par voie électronique encourent désormais de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement dans les cas les plus graves.
À l’heure où les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes numériques occupent une place grandissante dans le quotidien des jeunes, le législateur gabonais entend répondre à une menace en constante évolution : le « grooming » ou l’approche sexuelle de mineurs en ligne par des adultes.
L’article 281-3 du Code pénal réprime toute proposition à caractère sexuel adressée, par un moyen de communication électronique, à un mineur de moins de 18 ans ou à une personne se présentant comme telle. Cette infraction est constituée dès lors qu’un majeur tente d’établir un contact à des fins sexuelles via Internet, les réseaux sociaux ou tout autre outil numérique.
La loi prévoit, pour ces faits, une peine pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement assortie d’une amende maximale de deux millions de francs CFA. Toutefois, le législateur a prévu un durcissement significatif des sanctions lorsque les sollicitations débouchent sur une rencontre entre l’auteur et la victime présumée. Dans cette hypothèse, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et cinq millions de francs CFA d’amende.
À travers cette disposition, les autorités entendent renforcer la protection des enfants et des adolescents face aux nouvelles formes de prédation facilitées par les outils numériques. L’objectif est également de responsabiliser les utilisateurs des plateformes digitales en rappelant que les échanges virtuels sont soumis aux mêmes exigences légales que les interactions dans la vie réelle.
Cette évolution du cadre pénal s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre les violences faites aux mineurs et de sécurisation de l’espace numérique. Les services chargés de l’application de la loi sont ainsi appelés à renforcer la surveillance des activités en ligne, tout en multipliant les campagnes de sensibilisation destinées aux familles, aux établissements scolaires et aux jeunes utilisateurs des réseaux sociaux.
À l’ère du numérique, où les contacts se nouent en quelques clics, la protection de l’enfance constitue plus que jamais une priorité. En sanctionnant sévèrement les propositions sexuelles adressées aux mineurs sur Internet, le Gabon affirme sa volonté d’adapter son droit aux nouveaux défis posés par les technologies numériques et de mieux protéger les plus jeunes contre les risques d’exploitation et d’abus.



