La nouvelle taxe imposée aux voyageurs internationaux au Gabon continue d’alimenter les débats. Pourtant, loin d’être une simple décision budgétaire opportuniste, cette contribution s’inscrit dans un vaste programme national de sécurisation des frontières.
Au cœur de cette dynamique, un partenariat scellé le 20 mai dernier entre le ministère des Transports et la société américaine Securiport LLC. L’objectif affiché par les autorités est clair : doter les aéroports gabonais de technologies de pointe pour identifier les voyageurs et neutraliser les risques liés à la criminalité transnationale. Ce dispositif repose notamment sur le déploiement du système API/PNR (Advance Passenger Information/Passenger Name Record), une technologie recommandée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour lutter contre le terrorisme et les trafics illicites.
La mesure instaure une redevance de 30 dollars américains (environ 18 000 FCFA) appliquée aux voyageurs des vols internationaux, à l’arrivée comme au départ. Il est crucial de noter que cette taxe est exclusivement liée à la protection des infrastructures aéroportuaires et ne concerne pas les vols domestiques, qui demeurent exclus du dispositif.
Si la pilule est parfois amère du côté des passagers, cette décision doit encore recevoir l’aval de l’Association du transport aérien international (IATA), garant mondial des standards de sécurité et d’efficacité du secteur.
Entre sécurité et compétitivité : Le gouvernement planche sur une rationalisation
Face aux interrogations sur l’impact de cette taxe sur la compétitivité de l’aéroport international de Libreville, le gouvernement tente de rassurer. Le ministère des Transports a d’ores et déjà mis en place un groupe interministériel chargé de rationaliser les taxes « extra-aéronautiques ». L’ambition est limpide : alléger à terme le coût du billet d’avion en éliminant les charges superflues.
En somme, le Gabon semble jouer une partition complexe : celle de transformer ses plateformes aéroportuaires en places fortes sécurisées aux standards internationaux, tout en cherchant l’équilibre pour ne pas freiner l’attractivité de la destination Gabon. Un pari qui reste, pour l’heure, au cœur des préoccupations des usagers comme des experts du secteur.



