Selon des informations relayées par Agence gabonaise de presse (AGP), une délégation de TikTok est attendue prochainement à Libreville pour des échanges avec la Haute autorité de la communication (HAC). Cette initiative intervient à la suite de la décision de l’organe de régulation gabonais de suspendre l’accès à plusieurs réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national.
La suspension, annoncée par la HAC, est motivée par des préoccupations croissantes liées à la diffusion de contenus jugés contraires à la législation en vigueur. D’après l’AGP, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a reçu le 18 février 2026 une correspondance de Nshingu Kazadi, directeur des Politiques publiques et des Relations institutionnelles de TikTok pour l’Afrique francophone, basé à Johannesburg.
Dans cette lettre, TikTok indique « prendre acte » de la décision de la HAC et affirme comprendre les préoccupations soulevées, notamment en ce qui concerne les violations présumées de la loi n°019/2016 du 09 août 2016 portant Code de la communication. La plateforme reconnaît la nécessité de préserver un environnement numérique « sécurisé et respectueux des droits et de la dignité des citoyens gabonais ».
TikTok réaffirme par ailleurs son engagement à se conformer aux lois et règlements en vigueur au Gabon, en renforçant la modération des contenus diffusés. « La liberté d’expression, bien que garantie, ne peut s’exercer en violation des lois nationales et internationales », rappelle la plateforme dans sa correspondance.
Dans une volonté affichée de coopération, TikTok propose d’intégrer la HAC à son TikTok Safety Enforcement Tool (TSET), un outil de signalement rapide destiné à faciliter l’identification et le traitement des contenus jugés inappropriés par les autorités compétentes. La société suggère également que la HAC transmette les URL des contenus problématiques, accompagnées de listes de mots-clés ou d’expressions sensibles, afin d’optimiser les mécanismes de détection automatisée.
La plateforme insiste sur la nécessité d’instaurer une collaboration « efficiente et continue » avec l’autorité de régulation, estimant qu’un partenariat étroit constitue un levier essentiel pour garantir un environnement numérique sûr et responsable.
Pour rappel, la HAC a décidé le 17 février 2026 de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’accès à plusieurs réseaux sociaux, notamment TikTok, YouTube et Facebook. Cette mesure fait suite à la recrudescence de contenus jugés diffamatoires, haineux ou portant atteinte à la dignité humaine, à la cohésion sociale et à la sécurité nationale. Les autorités ont précisé qu’il ne s’agissait pas d’une coupure totale d’internet, mais d’une restriction ciblée visant l’accès et l’utilisation de ces plateformes.
La mission annoncée de TikTok à Libreville devrait porter sur les modalités concrètes de mise en œuvre des propositions de coopération formulées, dans l’objectif de parvenir à une solution concertée à cette situation jugée préoccupante par les autorités gabonaises.



