À peine installé à la tête de la capitale gabonaise, le maire de Libreville, Pierre‑Matthieu Obame Etoughe, fait déjà face à une controverse politique liée à la composition de son cabinet, jugé particulièrement volumineux.
Selon un arrêté municipal pris conformément aux dispositions de la loi organique encadrant les collectivités locales, 186 personnes auraient été nommées au sein du cabinet du maire central. Toutefois, plusieurs sources internes à l’administration municipale avancent que ce chiffre pourrait en réalité se rapprocher des 300 collaborateurs, recrutés en seulement quelques mois.
Conseillers, chargés d’études, chargés de mission et attachés de cabinet composent une équipe dont l’ampleur surprend pour une administration communale.
Dans les milieux politiques et administratifs, certains observateurs estiment que l’organigramme mis en place ressemble davantage à celui d’un ministère qu’à celui d’une mairie.
À titre de comparaison, le cabinet de la maire de Paris compterait environ 145 collaborateurs, un chiffre inférieur à celui évoqué pour la capitale gabonaise.
Cette situation alimente un malaise grandissant au sein de l’Hôtel de ville de Libreville et dans les différentes mairies d’arrondissement.
En coulisses, certains conseillers municipaux dénoncent ce qu’ils qualifient de « système de copains et de copines », pointant du doigt des nominations jugées parfois davantage politiques qu’administratives.
Si ces nominations relèvent juridiquement des prérogatives du maire, leur multiplication soulève désormais des interrogations sur les critères de recrutement et sur l’efficacité réelle d’un cabinet aussi élargi.
Plusieurs élus s’interrogent également sur le coût financier d’une telle organisation, dans un contexte où la municipalité doit faire face à d’importants défis budgétaires.
Pour l’heure, aucune communication officielle détaillée n’a été publiée afin de préciser la composition exacte du cabinet ni l’impact budgétaire de ces nominations.



