Africa CEO Forum de Kigali : Oligui Nguema, chantre d’un panafricanisme pragmatique et musclé

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À la tribune de l’Africa CEO Forum de Kigali, le jeudi 13 mai 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema n’est pas seulement venu représenter le Gabon ; il s’est mué en chantre d’un panafricanisme pragmatique et musclé. Sous les voûtes du centre de convention, ses mots ont claqué comme un rappel à l’ordre historique face à un parterre de capitaines d’industrie et de chefs d’État. En prônant une unité qui dépasse le simple cadre diplomatique pour devenir un levier de souveraineté, le dirigeant gabonais a martelé une conviction profonde : la puissance du continent ne se décrète pas, elle se construit par la mutualisation stratégique des forces et des voix.

L’axe central de son intervention a reposé sur une redéfinition audacieuse des coalitions continentales, qualifiant les alliances économiques d’« instruments de puissance ». Pour le Chef de l’État, l’Afrique doit impérativement s’affranchir de sa dépendance aux schémas extérieurs pour forger ses propres blocs de force. Cette vision d’une « Afrique qui gagne » n’est pas une simple formule de rhétorique, mais une incitation à transformer les structures économiques en véritables remparts géopolitiques. Dans cette optique, l’intégration régionale devient le socle d’un continent capable de s’imposer comme un acteur incontournable sur l’échiquier mondial.

Le discours a pris une tournure quasi prophétique lorsqu’il a abordé le lien intrinsèque entre prospérité et stabilité. Refusant que l’Afrique demeure une terre de cicatrices et de conflits, Brice Clotaire Oligui Nguema a lié l’essor des affaires à la consolidation de la paix. Son message est sans équivoque : sans une architecture sécuritaire stable, l’investissement reste un mirage. En appelant à ce que les alliances concourent à l’extinction des foyers de tension, il positionne l’économie comme le premier diplomate du continent, capable de tisser les liens de solidarité nécessaires pour étouffer les velléités de division.

Enfin, c’est par un appel vibrant à l’action concrète que le dirigeant a conclu sa prise de parole, déclenchant une salve d’applaudissements nourris. « L’Afrique ne se construira que par les Africains », a-t-il lancé, sonnant le glas de l’ère des grands discours incantatoires. En prônant un dialogue ferme et franc avec les partenaires internationaux, tout en exigeant le respect mutuel des engagements, il trace une ligne rouge contre la complaisance. Pour lui, le temps des promesses est révolu ; place désormais aux chantiers structurants et à une souveraineté assumée, portée par une nouvelle génération de leaders décidés à faire de l’Afrique le maître de son propre destin.

 

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