À Kigali, au cœur de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum, le Président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un discours offensif sur l’avenir du continent africain. Devant un auditoire composé de chefs d’État, d’investisseurs et de dirigeants économiques, le chef de l’État gabonais a défendu une vision ambitieuse d’une Afrique capable de construire sa propre puissance économique et géopolitique.
Sous les voûtes du centre de convention de Kigali, le dirigeant gabonais a placé la souveraineté africaine au cœur de son intervention. Pour lui, l’Afrique ne peut plus se contenter d’être un simple espace d’influence pour les puissances extérieures. Elle doit désormais bâtir ses propres mécanismes de coopération et transformer ses alliances économiques en véritables outils de puissance.
Dans cette logique, Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur la nécessité de renforcer les blocs régionaux africains afin de donner au continent une voix plus forte dans les grands équilibres internationaux. Selon lui, l’intégration régionale ne doit plus être perçue comme un slogan politique, mais comme une stratégie concrète de développement et d’affirmation collective.
Le président gabonais a notamment défendu l’idée d’une « Afrique qui gagne », capable de mutualiser ses ressources, ses marchés et ses infrastructures pour peser davantage sur la scène mondiale. Une approche qui traduit la volonté du Gabon de s’inscrire dans une diplomatie économique plus offensive depuis l’avènement de la Ve République.
Mais au-delà des enjeux économiques, le chef de l’État a également établi un lien direct entre prospérité et stabilité sécuritaire. Refusant que le continent reste associé aux conflits et aux crises récurrentes, il a affirmé que le développement durable de l’Afrique passait nécessairement par la consolidation de la paix.
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, aucun investisseur ne peut durablement s’engager dans un environnement marqué par l’instabilité. Il a ainsi appelé les États africains à faire des coopérations économiques des leviers de stabilité régionale, capables de réduire les tensions et de favoriser une solidarité continentale plus forte.
La tonalité de son discours s’est voulue résolument panafricaine. En clôturant son intervention par la formule : « L’Afrique ne se construira que par les Africains », le président gabonais a exhorté les dirigeants du continent à sortir définitivement de la dépendance aux modèles extérieurs.
Face aux partenaires internationaux, il a plaidé pour une relation basée sur le respect mutuel et l’équilibre des engagements. Une ligne diplomatique qui s’inscrit dans la volonté affichée par Libreville de promouvoir une souveraineté assumée et un développement porté avant tout par les intérêts africains.
À Kigali, le président gabonais n’a donc pas seulement représenté le Gabon. Il a cherché à incarner une nouvelle génération de dirigeants africains convaincus que l’avenir du continent dépend désormais de sa capacité à construire sa propre puissance économique, politique et stratégique.



