Le temps des promesses cède définitivement la place à l’impératif de l’évaluation. Ce mardi 19 mai 2026, le Palais Rénovation de Libreville a servi de cadre à un exercice politique majeur pour la refondation des institutions. Le Président de la République, Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement reçu des mains du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, le rapport d’exécution des 100 premiers jours de l’équipe ministérielle. Cette démarche, qui fait suite au grand oral du 5 février dernier où les feuilles de route sectorielles avaient été validées, marque la fin d’un premier cycle d’évaluation rigoureux échu le 15 mai. Elle consacre surtout l’ancrage d’une nouvelle doctrine au sommet de l’État : la rupture avec la politique des chantiers perpétuels sans lendemain.
Sur le plan des résultats, la synthèse globale présentée par le coordonnateur de l’action gouvernementale souffle le chaud et le froid, loin de toute complaisance bureaucratique. Dans l’ensemble, le bilan est jugé satisfaisant, affichant même des performances légèrement supérieures aux projections initiales dans plusieurs secteurs clés de la vie publique. Cependant, le rapport met également en lumière des zones d’ombre et des contre-performances notables dans l’exécution de certains projets d’infrastructures. Cet aveu de faiblesse sur certains dossiers démontre la volonté de l’exécutif de sortir du piège de l’autosatisfaction pour regarder en face les lourdeurs qui paralysent encore l’appareil administratif gabonais.
Face à ce diagnostic contrasté, la réaction du Chef de l’État ne s’est pas fait attendre, traduisant une impatience légitime face aux attentes des populations. Brice Clotaire Oligui Nguema a dicté des instructions fermes et non négociables pour une accélération immédiate des chantiers en souffrance, exigeant le strict respect des calendriers initiaux. Le message présidentiel est limpide : la légitimité de l’action publique ne se mesurera pas au volume des budgets alloués ou à la beauté des rapports ministériels, mais bien à l’impact concret, mesurable et immédiat de ces investissements sur le panier de la ménagère et le quotidien des Gabonais.
Le dernier volet de ce recadrage institutionnel touche à un déficit chronique de l’administration : le manque de transparence informationnelle. Constatant le fossé qui sépare parfois les réalisations du gouvernement de la perception qu’en a l’opinion publique, le Chef de l’État a ordonné une refonte globale de la communication gouvernementale. Hermann Immongault et son équipe sont désormais sommés de faire preuve de plus de pédagogie pour informer régulièrement les citoyens sur les réformes engagées. En institutionnalisant ce rituel des bilans d’étape, le Gabon tente d’instaurer une culture de la performance et de la reddition des comptes, une condition sine qua non pour rebâtir un pacte de confiance durable entre l’État et ses administrés.



