Gouvernance : Oligui Nguema déclare la guerre au désordre parafiscal

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Le temps du laxisme et de l’opacité est révolu. Dans une allocution marquante au Palais de la Rénovation, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a haussé le ton face à la persistance du désordre parafiscal au Gabon. Cette situation, dénoncée depuis des années par les opérateurs économiques, est désormais la cible prioritaire du Chef de l’État qui la qualifie, sans détour, de « racket institutionnel ». Par cette déclaration forte, il place la transparence comme principe non négociable de l’action publique, signant la fin d’une ère d’opacité qui a longtemps miné les finances publiques et l’attractivité de l’économie nationale.

Loin des slogans de circonstance, le discours présidentiel s’est ancré dans une lecture de méthode, structurant la réforme autour de quatre exigences techniques fermes. Le Président a posé les jalons d’une centralisation totale des recettes fiscales au Trésor Public, la suppression immédiate des doublons de prélèvements et la création d’un service unique de coordination des contrôles. Cette rationalisation de l’appareil administratif vise à alléger la pression sur les acteurs du tissu entrepreneurial, transformant une bureaucratie jugée étouffante en un partenaire efficace du développement économique. En remettant de l’ordre dans la collecte, l’État se donne les moyens de mieux financer ses projets sociaux et d’investissement.

Cette offensive présidentielle est, avant tout, une lecture protectrice de l’économie réelle. En s’attaquant au racket institutionnel, le Chef de l’État entend libérer les énergies des opérateurs économiques, des commerçants et des petites et moyennes entreprises gabonaises, véritables moteurs de la croissance. Ces acteurs, trop souvent victimes d’inspections répétitives et de taxes illégales, voient dans cette réforme une bouffée d’oxygène indispensable. En simplifiant les démarches et en clarifiant les règles du jeu fiscal, le Gabon espère redresser durablement sa compétitivité et attirer de nouveaux investissements, essentiels pour diversifier son économie et créer des emplois.

Au-delà de la restructuration administrative, ce bras de fer entre le sommet de l’État et les administrations récalcitrantes consacre une véritable culture de la redevabilité. En fixant un calendrier précis et en s’engageant à rendre compte régulièrement au peuple gabonais, le Président de la République pose une ligne claire entre l’avant et l’après-réforme. Le succès de cette offensive dépendra désormais de la capacité du Trésor Public à s’imposer comme l’unique collecteur et de la détermination du gouvernement à démanteler les réseaux d’intérêts qui ont prospéré dans l’ombre du désordre fiscal.

 

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