La parole présidentielle est tombée comme un couperet, nette et sans équivoque.Face au désordre persistant de la parafiscalité qui asphyxie l’économie gabonaise, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a décidé d’engager une réforme structurelle profonde. Ce qui était qualifié jusqu’à présent de « prélèvements » est désormais nommé par son vrai nom au sommet de l’État : un « racket institutionnel ». Cette terminologie de rupture, loin d’être un dérapage rhétorique, traduit la volonté du Chef de l’État de briser un système opaque, non traçable et sans redevabilité, qui a trop longtemps dépouillé les entreprises sans nourrir les caisses du Trésor Public. Pour le Président, cette réforme n’est pas négociable sur ses principes, car « les Gabonais attendent qu’on appelle les choses par leur nom ».
Pour mettre un terme à ce chaos qui fait monter le coût de la vie au détriment des populations, le Chef de l’État a posé quatre exigences présidentielles structurantes qui ne souffrent aucune discussion. La première est la transparence totale : toute taxe doit reposer sur un texte légal publié dans la loi de finances. Par voie de conséquence, les prélèvements illégaux sont suspendus immédiatement. La deuxième exigence consacre la centralisation des recettes : le Trésor Public devient l’unique collecteur des recettes de l’État, même si les budgets des administrations restent garantis par la loi. La troisième impose la fin des doublons : une seule mission, un seul organisme, un seul certificat et un seul contrôle. Enfin, la quatrième exigence porte sur la création d’un service unique de coordination des contrôles, destiné à intégrer les 1 166 agents assermentés existants, sans perte de statut ni d’emploi.
Cette réforme ambitieuse n’est pas un simple slogan ; elle s’inscrit dans un calendrier ferme et vérifiable, datant la promesse présidentielle. Le Président de la République a fixé deux échéances tangibles : dans douze mois, il rendra compte au peuple gabonais des sommes effectivement rentrées dans les caisses de l’État. Dans vingt-quatre mois, l’horizon de l’architecture cible sera atteint : chaque commerçant de Libreville, Port-Gentil ou Oyem n’aura plus qu’un seul interlocuteur administratif, un seul contrôle, une seule quittance. Cet engagement clair témoigne d’une volonté politique d’en finir avec les inspections multiples — jusqu’à quinze par an pour les mêmes produits — et la cacophonie de douze autorités intervenant sans se coordonner.
Au-delà de la restructuration administrative, le cœur de cette réforme vise la protection des opérateurs économiques. Le commerçant, l’entreprise et l’opérateur économique gabonais sont les premiers bénéficiaires de cette mesure d’assainissement. En mettant fin au racket institutionnel, l’ambition est de libérer l’investissement privé et de faire baisser le prix final répercuté au consommateur gabonais. Pour le Chef de l’État, il s’agit d’une exigence de traçabilité et de rigueur budgétaire inscrite dans le cadre constitutionnel de la Vᵉ République, indispensable pour restaurer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires internationaux qui observent les actes posés par le Gabon.



