Le couperet est tombé. Lors d’une récente prise de parole, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’a pas mâché ses mots pour qualifier le Programme Intégré d’Alimentation en Eau Potable et d’Assainissement de Libreville (PIAEPAL) d’« échec ». Pour le Chef de l’État, ce projet, présenté sous l’ancien régime comme la solution miracle aux pénuries d’eau, n’a été en réalité qu’un leurre pour les populations. Là où les habitants de Libreville attendaient de l’eau courante dans leurs robinets, ils n’ont récolté que des promesses sans lendemain, le stress hydrique persistant dans plusieurs quartiers de la capitale.
Initialement conçu comme un projet d’envergure nationale, le PIAEPAL visait pourtant à résoudre durablement les déficits d’alimentation en eau potable dans les communes de Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum. Financé en grande partie par la Banque Africaine de Développement (BAD), cet ambitieux programme devait transformer le quotidien de plus de 900 000 habitants grâce à une modernisation profonde des infrastructures hydrauliques. Les ambitions étaient à la hauteur des enjeux : un financement global révisé à environ 68 milliards de FCFA, le renouvellement de plus de 280 km de canalisations, et la construction d’ouvrages stratégiques tels que le château d’eau de Ntoum et la station de pompage du PK5.
Malgré ces investissements colossaux destinés à sécuriser la desserte en eau pour 300 000 personnes supplémentaires à long terme, la réalité du terrain demeure préoccupante. Si des raccordements et des tests d’étanchéité ont été effectués, de nombreux quartiers sont encore en proie à des coupures récurrentes. Cette situation, qui a suscité l’ire du Chef de l’État, s’explique notamment par des fuites résiduelles sur les réseaux secondaires et des actes de vandalisme sur les équipements hydrauliques, venant ainsi contrecarrer les efforts de modernisation.
Ce constat sévère du Président de la République souligne l’urgence d’une remise à plat de la gestion des ressources hydriques. En dénonçant l’inefficacité d’un programme qui a, selon ses termes, « floué les populations », le Chef de l’État marque sa volonté d’instaurer une rigueur nouvelle dans la conduite des projets publics. Il ne s’agit plus désormais de se satisfaire de grands chantiers sur le papier, mais d’exiger des résultats concrets et durables qui répondent aux besoins vitaux des Gabonais, pour que l’accès à l’eau potable cesse d’être un défi quotidien pour les résidents de la capitale.



