Le constat est aussi amer qu’alarmant : l’année 2025 restera gravée dans les mémoires comme une période particulièrement meurtrière sur l’asphalte national. Selon les données communiquées par la Direction générale de la sécurité routière (DGSR), notre pays a enregistré une hausse significative de la sinistralité, avec un total de 2 228 accidents recensés sur l’ensemble du territoire. Ce chiffre, en progression constante par rapport aux 1 928 cas dénombrés en 2024, illustre l’ampleur d’un défi sécuritaire devenu une urgence de santé publique pour chaque Gabonais circulant sur nos axes routiers.
Cette augmentation de 300 sinistres supplémentaires, documentée avec rigueur par les services compétents, met en lumière une dégradation préoccupante des comportements au volant. Paulin Bekale Mba, chef d’études à la DGSR, ne cache pas son inquiétude face à cette tendance haussière. Pour les autorités, ces statistiques ne sont pas de simples lignes comptables, mais le reflet direct d’une inattention chronique et d’une défiance généralisée envers les règles élémentaires du code de la route qui, trop souvent, transforment nos déplacements quotidiens en véritables tragédies.
Au cœur de ce sombre bilan, les responsabilités individuelles des conducteurs sont largement pointées du doigt. Lors des contrôles de routine, les agents de sécurité routière font face à un constat sans appel : excès de vitesse, conduite en état d’ébriété et usage de stupéfiants sont devenus des pratiques récurrentes, voire banalisées, sur nos routes. Cette indiscipline notoire transforme chaque trajet en un jeu de hasard périlleux où les usagers, par leur refus manifeste de respecter la loi, placent la vie d’autrui dans un déséquilibre permanent.
Les conséquences humaines, quant à elles, sont dévastatrices : l’année écoulée a malheureusement conduit à 640 blessés et 68 décès tragiques. Face à cette hécatombe qui endeuille de nombreuses familles, le rappel à l’ordre s’impose avec force. Qu’il s’agisse des automobilistes ou des piétons, la prudence n’est plus une option, mais un impératif de survie. En adoptant une conduite responsable, en s’abstenant de manipuler le téléphone au volant et en respectant les temps de repos nécessaires, chacun détient une part de la solution pour inverser, dès demain, cette courbe funeste.



