Woleu-Ntem: voiries d’ Oyem,Oyem-Assok Medzeng et Zokgone-Mvane, des Chantiers routiers passés au peigne fin

Date:

Le week-end dernier, la province du Woleu-Ntem a pris des airs de stand de Formule 1, avec un cortège d’officiels lancés dans une course contre la montre pour inspecter bitume et latérite. Entre Oyem et Bitam, on a vu défiler le gotha administratif, du Ministre des Mines au Gouverneur, tous mobilisés pour « apprécier la qualité des ouvrages ». C’est la nouvelle discipline olympique de la Ve République : le saut d’obstacles entre deux rubans inauguraux, où l’on réceptionne de manière « provisoire » des routes qui, on l’espère, auront une durée de vie un peu plus permanente que le passage des caméras.

De l’axe Oyem-Assok Medzeng au pont sur la rivière Woleu, chaque kilomètre semble avoir été scruté avec une précision chirurgicale, comme si l’on craignait que le goudron ne s’évapore sitôt le convoi passé. C’est le triomphe de l’immersion : trois jours pour évaluer des chantiers que les populations, elles, évaluent chaque matin en secouant leurs vertèbres. On ne peut qu’admirer cette dévotion au terrain, où l’échange avec les autorités locales devient une figure de style indispensable pour confirmer que, oui, une route plate est effectivement préférable à un ravin.

L’engagement à fournir des « réponses concrètes » aux usagers prend ici la forme d’un inventaire à la Prévert, où les chiffres (36 km par-ci, 32 km par-là) servent de bouclier contre l’impatience populaire. On nous promet des infrastructures conformes aux normes techniques, capables de booster les échanges avec nos voisins, transformant presque une simple pose de bitume en une épopée géopolitique majeure. C’est l’art de la communication routière : chaque centimètre de chaussée devient une preuve de plus que le développement n’est plus un mirage, mais une surface lisse et noire.

En fin de compte, ce récapitulatif musclé sur les réseaux sociaux nous rappelle que dans le Grand Nord, le bitume est le meilleur ami de l’homme politique. Sous les hashtags Mobilité et Engagé, on célèbre la fin du calvaire pour des populations qui ont appris à conjuguer le verbe « attendre » à tous les temps de l’indicatif. Reste à savoir si, après le départ des délégations et l’extinction des gyrophares, la « qualité des ouvrages » résistera aux premières pluies ou si la réception provisoire deviendra, par la force des choses, une déception définitive.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img