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09 sept. 2026Libreville
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Société

Alex Euv Moutsiangou: «On a trouvé pratiquement 120 000 faux Gabonais économiquement faibles. La CNAMGS, en réalité, ne sait pas ce qu’elle paye»

Par SENA POUBA·09 septembre 2026
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Alex Euv Moutsiangou: «On a trouvé pratiquement 120 000 faux Gabonais économiquement faibles. La CNAMGS, en réalité, ne sait pas ce qu’elle paye»
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La publication des récents rapports d'audit de la Cour des comptes met en lumière des dysfonctionnements vertigineux dans la gestion du Fonds des Gabonais économiquement faibles et du dispositif d’évacuations sanitaires de la CNAMGS. À l’issue d’une campagne de contrôle rigoureuse menée à travers les administrations publiques, l'institution supérieure de contrôle des finances publiques a révélé l’existence d’environ 120 000 bénéficiaires indûment enregistrés sur près d’un million de personnes recensées.

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Pointant du doigt une situation ubuesque où près de 900 000 individus sont effectivement pris en charge sur des bases biaisées, le premier président Alex Euv Moutsiangou a exigé un nettoyage drastique du fichier pour préserver les ressources publiques destinées aux plus démunis. Le financement même du dispositif présente des fragilités structurelles qui aggravent la crise financière de l'organisme. Alimenté par des ponctions spécifiques sur la téléphonie mobile et les transferts d’argent, le fonds transite par le Trésor public avant d’atterrir dans les caisses de la CNAMGS, un circuit aux rouages complexes que la Cour des comptes exhorte à fluidifier. Au-delà des recettes, c'est la gestion opaque des évacuations sanitaires qui s'apparente à un véritable gouffre financier pour l'État. En raison d'un manque criant de traçabilité des dépenses engagées à l'étranger, l'institution note que la caisse ignore purement ce qu'elle paye, alimentant des facturations opaques et des impayés se chiffrant en milliards de francs CFA.

Cette gabegie administrative a transformé le pôle des évacuations sanitaires en un « trou noir » budgétaire, pénalisant lourdement la trésorerie de l’institution et la qualité des prestations offertes aux assurés. Les magistrats financiers pointent l'opacité des notes d'honoraires et l'absence de correspondance avérée entre les montants exorbitants versés aux prestataires internationaux et la réalité des soins prodigués aux patients gabonais évacués. Pour endiguer cette hémorragie chronique, les auditeurs préconisent une révision radicale du cadre contractuel, suggérant que la CNAMGS négocie désormais en direct avec les structures hospitalières étrangères. La publication de ces conclusions définitives, consécutive au respect scrupuleux de la procédure contradictoire, sonne comme un avertissement sans frais pour les gestionnaires publics. En briguant la transparence et en réclamant des réformes structurelles profondes, la Cour des comptes rappelle que la viabilité de la protection sociale au Gabon dépend de la fin de l'impunité financière. La mise en œuvre rapide de ces recommandations conditionnera désormais la capacité de l'État à redresser un système de solidarité nationale dangereusement compromis par des années d'approximation.

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