Ngounié : cinq cents citoyens sans identité enfin sortis de l'invisibilité juridique

L'exclusion administrative recule un peu plus dans les profondeurs de l'arrière-pays gabonais. Dans la province de la Ngounié, ce sont exactement cinq cents personnes, disséminées à travers les neuf départements, qui viennent d'être identifiées comme dépourvues d'existence légale faute d'actes de naissance. Un diagnostic sans appel dressé à Mouila par le colonel Solange Gnoundou Massinga, directrice générale de la Prévoyance sociale, lors de l'évaluation du Programme conjoint "Citoyenneté et Protection sociale". Menée tambour battant par le chef de mission Placide Rengui, cette opération d'envergure vise à extirper des milliers de compatriotes de l'anonymat civique pour les arrimer aux filets de la solidarité nationale.
Malgré l'impraticabilité chronique de certains axes routiers et l'enclavement prononcé de certaines bourgades, les équipes de terrain ont quadrillé la province sans relâcher l'effort. Cet immense travail de titan, couplé à l'appui indéfectible des autorités administratives locales, a permis d'acheminer les précieux dossiers vers le chef-lieu. Sur les cinq cents situations recensées, une dynamique judiciaire fulgurante a permis d'expédier 486 dossiers au tribunal de première instance de Mouila en vue de l'obtention de jugements supplétifs. À ce jour, cent actes de naissance officiels sont déjà édités, marquant la première victoire concrète de cette vaste croisade d'identification. L'impact de cette démarche citoyenne va bien au-delà de la simple production de papier administratif. En s'associant à l'effort, la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs) s'est engagée à intégrer immédiatement ces populations vulnérables dans son système d'enrôlement dès l'obtention de leur sésame. Le droit à l'identité se pose ainsi en sésame incontournable pour accéder enfin à la couverture sanitaire et aux prestations de protection sociale. La cheffe de mission a d'ailleurs tenu à saluer la synergie exemplaire entre les corps préfectoraux, les autorités judiciaires et les équipes techniques pour sécuriser et accélérer le traitement de ces dossiers de survie citoyenne.
Cette initiative menée dans la Ngounié illustre la volonté implacable de rétablir les citoyens oubliés dans l'exercice plein de leurs droits républicains. En faisant de la lutte contre l'apatridie de fait une priorité opérationnelle, le Gabon démontre que le développement inclusif commence par la reconnaissance juridique de chaque administré, qu'il vive au cœur de la capitale ou dans les zones les plus reculées du pays.
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