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01 août 2026Libreville
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Société

Uriner sur la voie publique à Libreville : une infraction punie par la loi, mais un défi d'infrastructures demeure

Par Rédaction GNN·01 août 2026
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Uriner sur la voie publique à Libreville : une infraction punie par la loi, mais un défi d'infrastructures demeure
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À Libreville, se soulager sur la voie publique n'est pas un simple acte d'incivilité : c'est une infraction clairement réprimée par la législation gabonaise. Entre amendes administratives et sanctions pénales, les autorités disposent d'un arsenal juridique destiné à préserver l'hygiène et la salubrité de la capitale. Toutefois, l'application de cette réglementation soulève une interrogation essentielle : comment exiger un comportement exemplaire lorsque les toilettes publiques demeurent rares, voire inexistantes dans plusieurs quartiers de la ville ?

La réglementation municipale est pourtant explicite. L'arrêté n°001/2000 portant règlement sanitaire, d'hygiène et de salubrité publique de la Commune de Libreville interdit formellement d'uriner aux abords des concessions, sur les trottoirs ou encore sur les terrains bordant les voies publiques. Cette disposition vise à protéger l'environnement urbain, limiter les nuisances et garantir un cadre de vie plus sain aux habitants.

Pour assurer le respect de cette règle, un arrêté adopté en 2004 fixe les sanctions applicables aux infractions en matière d'hygiène. Toute personne surprise en train d'uriner sur la voie publique s'expose à une amende de 5 000 FCFA. En cas de récidive, cette sanction financière peut être multipliée par trois, illustrant la volonté des pouvoirs publics de lutter contre les comportements jugés contraires aux règles élémentaires de civisme.

Mais le cadre répressif ne s'arrête pas aux textes municipaux. Le Code pénal gabonais prévoit également des sanctions contre toute personne qui déverse ou laisse s'écouler sur la voie publique des substances susceptibles de compromettre la santé publique ou de causer des nuisances aux usagers. Selon la nature des faits et les circonstances retenues par la justice, les peines peuvent aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 10 millions de francs CFA d'amende.

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Cette sévérité juridique traduit l'importance accordée par les autorités à la préservation de la salubrité publique, dans un contexte où les questions d'hygiène urbaine sont devenues un enjeu majeur de santé publique et d'image pour la capitale gabonaise. Une ville propre contribue non seulement au bien-être de ses habitants, mais également à son attractivité économique et touristique.

Cependant, cette politique répressive se heurte à une réalité que de nombreux Librevillois dénoncent depuis plusieurs années : le déficit d'infrastructures sanitaires accessibles au public. Dans les marchés, les gares routières, les espaces commerciaux ou encore certains axes très fréquentés, les toilettes publiques sont insuffisantes, parfois payantes, ou simplement inexistantes. Une situation qui place certains citoyens dans des situations de difficulté, notamment les chauffeurs de taxi, les commerçants ambulants, les travailleurs de rue ou les personnes effectuant de longs déplacements.

Cette problématique met en lumière la nécessité d'adopter une approche équilibrée de la salubrité urbaine. Si la répression des comportements inciviques demeure indispensable pour préserver l'espace public, elle gagnerait à être accompagnée d'investissements conséquents dans des équipements sanitaires modernes, entretenus et facilement accessibles à tous.

Le développement de toilettes publiques répondrait à un double objectif : améliorer les conditions d'hygiène dans la capitale tout en facilitant le respect de la loi par les citoyens. Une telle politique contribuerait également à renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques d'hygiène, en privilégiant une démarche qui associe prévention, éducation et infrastructures adaptées.

Au-delà des sanctions prévues par les textes, le débat renvoie finalement à une question plus large de gouvernance urbaine. La propreté de Libreville ne repose pas uniquement sur la capacité à sanctionner les contrevenants ; elle dépend aussi de la volonté des pouvoirs publics de créer un environnement permettant aux citoyens d'adopter des comportements responsables. Entre exigence de civisme et nécessité d'investissements publics, l'amélioration durable de la salubrité urbaine passe par un équilibre entre fermeté et offre de services adaptés aux besoins de la population.

BGFI

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