La commune de Bitam, d’ordinaire paisible carrefour frontalier, s’est réveillée ce mercredi dans la stupeur et l’effroi. Un drame familial d’une violence inouïe a secoué le quartier Akué Essimengane en plein après-midi du mardi 29 avril. Ce qui n’aurait dû être qu’une énième altercation domestique entre membres d’une même lignée a basculé dans l’irréparable lorsqu’un jeune homme de 19 ans a froidement abattu son neveu de 14 ans.
En quelques secondes, la fureur a pris le pas sur les liens sacrés du sang, laissant derrière elle une famille dévastée et une population locale plongée dans une incompréhension totale.
Selon les témoignages recueillis sur les lieux, la victime, un adolescent connu sous le nom de « Dieu Merci », aurait eu un différend avec son oncle pour un motif qui, au regard de l’issue fatale, semble d’une effroyable banalité. La tension, montée en un éclair, a poussé le présumé meurtrier à se saisir d’une arme de chasse, un calibre 12, pour commettre l’irréparable. Le tir, effectué à bout portant, a atteint l’adolescent à la tête, ne lui laissant aucune chance de survie. Ce geste définitif vient rappeler cruellement la dangerosité de la circulation des armes légères dans nos zones rurales et urbaines.
Le scénario macabre ne s’est pas arrêté là. Pris de remords ou réalisant l’ampleur de son forfait, l’oncle aurait tenté de s’ôter la vie en retournant le fusil contre lui. Cependant, la faucheuse n’a pas terminé son œuvre : le coup n’a atteint que son épaule, le laissant gravement blessé mais conscient. Évacué d’urgence vers l’hôpital départemental de Bitam, il y reçoit actuellement des soins intensifs, mais son répit ne sera que de courte durée. Sa convalescence se déroule en effet sous la surveillance étroite des forces de l’ordre, qui veillent à ce qu’il réponde de ses actes devant la justice des hommes.
Désormais, les enquêteurs s’attellent à reconstituer la trame exacte de cette tragédie pour comprendre comment un jeune homme a pu franchir le seuil du parricide symbolique. Au-delà de l’aspect judiciaire, ce drame soulève la question de l’effritement des valeurs de dialogue au sein du noyau familial et de la gestion de la colère chez les jeunes. À Bitam, le quartier Akué Essimengane restera longtemps marqué par le souvenir de « Dieu Merci », un enfant dont l’avenir a été fauché par celui-là même qui, selon nos traditions, aurait dû être l’un de ses premiers protecteurs.



