Grand Entretien : Entre promesses d’emplois et réalisations énergétiques, Oligui Nguema s’explique

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Dans une sortie médiatique d’une rare franchise, le Chef de l’État a tenu à répondre aux impatiences grandissantes de ses compatriotes. Premier dossier brûlant : l’emploi. Face au scepticisme entourant l’objectif des 163 000 postes annoncés, le locataire du Palais du Bord de Mer a précisé que ce chiffre s’inscrit sur la durée de son magistère, englobant tant le secteur public que privé. À ce jour, la Fonction publique a déjà absorbé 58 000 nouveaux agents à fin mars, mais l’accent est désormais mis sur un changement de paradigme : l’État ne peut plus être le seul employeur. L’avenir réside dans l’entrepreneuriat et l’industrialisation, piliers du nouveau Plan National de Croissance 2026-2030.

Sur le front de l’énergie, le constat est sans concession : « Les délestages sont inacceptables. » Reconnaissant la souffrance des ménages et le stress hydrique qui paralyse le pays, le Chef de l’État pointe du doigt le déficit de 60 mégawatts de la SEEG, une entreprise plombée par une dette colossale et des infrastructures obsolètes. Pour sortir de l’obscurité, un plan d’urgence 2025-2028 est déployé, visant une capacité de 850 mégawatts grâce aux centrales à gaz et au barrage de Kinguélé Aval. Le message est clair : la patience du peuple est à bout, et la séparation de la gestion de l’eau et de l’électricité apparaît désormais comme un impératif de survie.

L’ambition industrielle du Gabon, notamment la transformation locale du manganèse, est intrinsèquement liée à cette souveraineté énergétique. « On ne peut pas transformer le manganèse sans énergie fiable », a rappelé le Président, soulignant que des capacités électriques dédiées sont en cours de déploiement dans le Haut-Ogooué via des partenariats public-privé (PPP). Quant aux craintes d’une fuite des investisseurs, notamment concernant les négociations avec le géant Eramet, l’exécutif se veut rassurant : les discussions sont constructives et visent un partenariat « gagnant-gagnant » où l’investisseur trouve son compte tout en respectant les priorités de développement national.

Enfin, le Chef de l’État a durci le ton à l’endroit de son propre gouvernement. 2026 est proclamée année de la rigueur et de la vérité. Fustigeant la culture de l’intention au détriment du résultat, il a prévenu que l’inaction ne serait plus tolérée. Les ministres et directeurs généraux sont désormais sous une évaluation permanente. Dans cette nouvelle architecture du pouvoir, le remaniement n’est plus un tabou mais un outil de sanction pour ceux qui échoueraient à traduire la vision présidentielle en actes concrets pour le quotidien des Gabonais. L’heure de la redevabilité a sonné.

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